Depuis quelques années, Amazon s’est imposé dans l’esprit d’un grand nombre de lecteurs comme une alternative intéressante aux librairies traditionnelles. Cependant, entre ces mêmes librairies et le supermarché du livre en ligne, il y a un un fossé éthique et des informations importantes à connaître.

- Amazon a été condamné par la justice française pour clauses abusives dans ses contrats de vente, notamment le partage de données personnelles.
Source : GNT

- Amazon pratique la gratuité des frais de ports. Cette initiative, en apparence anodine, est une infraction pure et simple à la Loi Lang sur le prix unique du livre. Cette loi stipule que le prix d’un ouvrage ne peut être réduit que de 5% au maximum, ceci pour protéger la diversité du commerce du livre et notamment les les petites librairies indépendantes. Cet avantage proposé au consommateur déstabilise un marché déjà fragilisé. Amazon qui a été attaqué en justice, et condamné à 100 000 euros de dommages et intérêts, [devait] cesser les frais de port gratuits et la pratique de chèques cadeaux à peine d’astreinte de 1 000 euros par jour de retard, passé le délai de 10 jours à compter de la signification du jugement.
Pourtant la gratuité des frais de port est toujours pratiquée.
Source : Lekti-ecriture.com
Rue89

- Amazon exige une marge énorme sur les ouvrages des petits éditeurs pour que ces derniers bénéficient d’une réelle visibilité sur la plate-forme. C’est près de 50% du prix d’un ouvrage qui est ainsi ponctionné, contre 10 à 17 % pour les autres points de vente.
Ce sont ces même petits éditeurs qui s’acharnent à sortir des sentiers battus, qui prennent le risque de publier des auteurs inconnus, qui font en sorte qu’il y ait encore une réelle diversité culturelle et littéraire, et pas uniquement les best-sellers et/ou les ouvrages des grandes maisons indépendantes comme Gallimard ou Seuil.
Source : Lekti-écriture.com

- Certains petits éditeurs ne souhaitent pas faire partie du “programme partenaire” d’Amazon, ce qui est théoriquement leur droit le plus strict. En réalité, Amazon rend indisponibles les fiches des ouvrages publiés par des éditeurs qui refusent d’adhérer à ce programme, sans toutefois les retirer de leur catalogue. Conséquence ? Comme le blog des éditions Cynthia 3000 le dit très bien :

- [que] le géant n’actualise pas assez souvent ses pages (« mais avec tout ce qu’il y propose, on peut bien lui pardonner ce travers »)
- [que] commander les ouvrages des petites maisons est aussi compliqué chez Amazon que chez le libraire du coin (« mais au moins, avec Amazon, pas besoin de sortir de chez soi »)
- [que] les petites maisons ne tiennent pas la cadence, sortent des titres et les laissent s’épuiser en deux ans, etc. (« en plus elles font rien qu’à encombrer les tables des librairies »)

Source : Le blog des éditions Cynthia 3000
La Feuille

- Si Amazon autorise la reprise des informations et des images de couverture de son site, il vient d’exiger de la part des sites internet utilisant ces renseignements de supprimer tous les liens vers d’autres librairies en ligne, sous peine de se voir supprimer l’accès à ces informations essentielles qui comprennent notamment le numéro ISBN, la couverture, le nombre de pages.
Source : Livres échanges
Actualitté

Un autre blog en parle très bien : http://bibliotheques.wordpress.com/2009/09/21/amazon-ne-veut-plus-dapi-concurrents/

Passons sur la question des fameuses recherches “Au Coeur du Livre”

Toute la question est de savoir quelle librairie veut-on pour demain ? Est-ce que nous souhaitons acheter des livres sans nous poser de questions, sans nous soucier de savoir qui paie en réalité cette prétendue gratuité des frais de port, sans nous préoccuper de savoir comment va évoluer le monde de l’édition, de la diffusion. Le monde du livre de demain sera celui que nous avons mérité.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, vous, personnellement, assis devant vos écrans d’ordinateurs, mais demain, je refuse de lire Amazon, de penser Amazon, de me dire que tous les éditeurs dont j’admire le travail ont finalement dû se plier à des exigences qui se sont transformées peu en à peu en dictature.
Je refuse qu’on vienne un jour me voir en me disant que, pour garder ce blog ouvert et accessible, je vais devoir intégrer un lien réglementé et des boutons d’achats immédiats. Je refuse de penser le livre comme un vulgaire produit de consommation dépourvu d’âme et de passion.
Je refuse qu’on me censure quand je dis que je trouve tel ou tel livre médiocre, comme c’est déjà le cas pour les commentaires des lecteurs sur Amazon, où chaque mot est censuré, où vos critiques peuvent disparaîtres purement et simplement sans aucun avertissement parce qu’elles auront été jugées “non conformes”. Il m’est arrivé d’écrire des chroniques pour Amazon, quand j’étais à l’université. Pourquoi n’ai-je pas continué ? J’aurai dû être ravie de savoir que ces mêmes chroniques étaient largement lues et notées. Non. Parce que pour une seule publiée, j’avais dû en écrire cinq. La même. Plusieurs fois. Jusqu’à ce qu’elle soit jugée convenable. Passée à la moulinette du commerce, du politiquement correcte, de la norme. Jusqu’à ce qu’elle devienne l’inverse de ce qu’est la littérature, l’amour de la lecture, le plaisir de partager, de transmettre, de découvrir.

Toutes les images de couvertures exposées sur mon site et provenant d’Amazon ont été supprimées

N’hésitez pas à relayer ces informations sur votre blog.

Traduction de Marie-Ange Dutartre
Préface de Geneviève Brisac
ISBN : 978-2234060647

Présentation de l’éditeur
” Je m’efforcerai d’être un serviteur honnête, soucieux de rassembler la matière susceptible d’être utile, par la suite, à une main plus experte “, note la jeune Virginia Woolf, apprenti écrivain passionné déjà dévoué corps et âme à la genèse d’une œuvre qui comptera parmi les chefs d’œuvres du XXe siècle. Son Journal d’adolescence s’ouvre en 1897, alors qu’elle a quinze ans. L’écriture, d’emblée, s’y révèle salutaire pour la jeune fille au talent précoce. Refuge contre la douleur lorsqu’elle perd ses parents; garde-fou contre la folie qui rôde. Mais ce Journal est avant tout un cahier où Woolf s’applique à faire des phrases comme on fait des gammes, en se moquant d’elle-même. Et des autres, tant elle excelle à épingler d’un trait caustique visiteurs et auteurs lus. Car l’adolescente lit sans se rassasier: Aristote et Hawthorne, James et Hardy. Passant son esprit au tamis de la bibliothèque familiale, elle exerce son jugement critique et affine sa singularité propre. Puis, au fil des années, l’apprentissage livresque se double de séjours à l’étranger. Les cahiers deviennent alors journaux de voyage, en Grèce, en Turquie, en Espagne. Loin d’y céder à la tentation d’un exotisme de convention, l’écrivain en devenir s’interroge sur la manière d’embrasser le vivant sans le figer, se plaçant déjà à rebours des canons en vigueur, des mécanismes romanesques faciles. Au seuil de son entreprise littéraire, la grande Virginia Woolf touche déjà du doigt son génie à venir.

Mon avis :
Republié en français par les éditions Stock, ce journal d’adolescence est une pièce importante pour la compréhension globale de l’œuvre de Virginia Woolf. Lorsqu’elle commence le journal de 1897, sa mère, Julia Stephen vient de mourir et elle est à peine remise de sa première crise de dépression. Quelques mois plus tard, sa demi-soeur, Stella, suit sa mère dans la tombe. Au cours des années couvertes par ce journal, Virginia verra encore mourir son père, puis un de ses frères. Sur ses deuils et ses drames personnels (dépression, tentative de suicide), pas un mot. Le contraste entre le contenu de ses journaux et sa vie est par ailleurs saisissant, le cloisonnement est presque extrême, bien qu’il soit facile de céder à la facilité et de dire que ceci explique cela, tout comme “la conscience de son génie” tel que l’exprime l’éditeur sur la quatrième de couverture.

A-t-on conscience de son génie ? La question est discutable, largement débattable et débattu par ailleurs. Davantage qu’une simple question de conscience ou de non conscience d’un talent, j’aurai tendance à préférer l’hypothèse de la certitude d’une matière brute dans laquelle il était possible de puiser, qu’il était possible de travailler, d’affiner, de modeler pour en faire émerger une oeuvre littéraire, un cheminement d’émotions, une cartographie de souvenirs et de sentiments mêlés.

Le volume Journal d’adolescence est découpé en plusieurs parties, correspondant aux différentes années.

  • 1897 : Sans doute l’année la plus complète au niveau de la temporalité, ce journal est davantage un résumé des activités de chaque jour, assortis de brèves réflexions reflétant l’humeur de la jeune Virginia, de brefs commentaires sur les livres lus -livres dont Virginia avoue parfois avoir sauté des pages. Aucun mot sur la mort de sa mort, et pratiquement pas sur celle de Stella, à peine ces mots, simple et terrible constation : “Elle m’a quittée & je ne l’ai plus jamais revue”.
  • 1899 : Les Warboys. Le journal de cette année là est composé de bref essais, dont la nouvelle de la mare, récit assez glauque d’une promenade en barque qui se solde par la mort des quatre jeunes gens et dans laquelle Virginia se met elle-même en scène.
  • 1903 : Une réflexion sur les succès mondains, la difficulté de briller en société.
  • 1904 – mai 1905 : Rédigé juste après la mort de son père, survenue en février 1904, ce journal marque un tournant dans l’écriture (après celui de 1899), plus affirmée, moins adolescente. Virginia s’affirme et devient plus autonome. Journaux de voyages.
  • 1905 – Cornouailles.
  • 1906 : Giggleswick. Début de Virginia Woolf comme critique littéraire et débuts des “soirées du jeudi” et du groupe de Bloomsbury.
  • 1906 – Blo’Norton.
  • 1906 – Grèce.
  • 1906 – La New Forest. Mort de Thoby.
  • 1907 – Goldens Green. Mariage de Vanessa et de Clive Bell.
  • 1908 – Wells & Manorbier
  • 1908 – Italie. Journal de voyage.
  • 1909 – Florence.

Un arbre généalogique, la préface de l’édition anglaise et celle de Geneviève Brisac pour l’édition française complètent ce volume.

Une présentation du Journal d’Adolescence sur le site du Centre National du Livre : ici

Babar, Harry Potter et Compagnie – Livres d’enfants d’hier et d’aujourd’hui

Du 14 octobre 2008 au 11 avril 2009

BnF – Site François-Mitterrand
Quai François-Mauriac, Paris XIIIe
Grande Galerie

Entrée : 7 € / Tarif réduit : 5€


Au départ simple reformatage de livres destinés aux adultes, la littérature jeunesse s’est adaptée au fil des époques pour mieux s’adresser à son public, les enfants d’âge divers, mais aussi les adolescents et les touts-petits, de 0 à 3 ans.

Les livres les plus anciens présentés à l’exposition datent de la fin du XVIème siècle, recueils de fables, ouvrages bilingues (latin-français) et les parmi les plus récents, on trouve Harry Potter, mais aussi des livres pour adolescents, section hybride de la littérature enfantine, qui n’est apparue que beaucoup plus tardivement et propose des histoires touchant à tous les questionnements, les évolutions, les difficultés et les émois, notamment amoureux, que cette période amène.

Le parcours se décompose en trois parties, figurées par des couleurs et des traces d’animaux pour en suivre le cheminement :

1/ L’enfant et la découverte du livre
(bleu ; des pattes de loup)

2/ L’enfant, explorateur des univers du livre
(vert ; des sabots de sanglier)

3/ Petits adultes, grands enfants et écrans magiques
(orange ; des pattes de grenouille)

Au centre, se trouve une galerie de personnages célèbres de la littérature enfantine et leurs présentations : Alice au pays des merveilles, Rémi (Sans Famille), Babar, Martine…
Une introduction et des entretiens filmés et une frise chronologique complètent l’exposition.

En plus de la littérature enfantine “classique” j’ai trouvé appréciable de pouvoir découvrir des ouvrages destinés aux aveugles : livres jeunesse en braille, mais aussi livres d’images tactile, véritables ateliers d’éveil pour les sens. L’exposition est très intéressante, ses panoramas sont intéressants et les ouvrages présentés illustrent bien cette évolution des mentalités et de la place de l’enfant. C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé certains classiques ayant fait mon bonheur durant mes jeunes années, et que j’ai découvert des ouvrages “rares” destinés aux enfants : tirages limités ou encore, illustrations particulière, comme cet exemplaire des Malheurs de Sophie, illustré par Vieira da Silva. Offrant le livre à une petite fille de son entourage, elle colla ses propres illustrations par-dessus celles que le livre comportait.

Quelques bémols cependant : il n’y a pas de chaises devant les diaporamas, ce qui peut gêner certaines personnes, j’aurai également souhaité une certaine mise en valeurs de classique de la littérature jeunesse, pas forcément quelque chose de très pointu, mais une ou deux anecdotes intéressantes qui seraient susceptibles d’intéresser les petits et les grands. Enfin, si la mention de Babar dans le titre de l’exposition est justifiée, celle de Harry Potter est un peu abusée, car il n’y est fait que très brièvement mention, ca n’était pas grave en soi puisque je n’y allais pas pour ça, mais si des gens viennent dans cette optique ils pourraient être déçus.

Visiter l’exposition en ligne


Editions Autrement, 2001
ISBN-13: 978-2746700581
Traduit par Marie-Anne de Kisch

Résumé :
84, Charing Cross Road est le recueil des lettres que s’échangèrent Helene Hanff, scénariste sans le sou mais passionnée de littérature et le personnel de la librairie Marks & Co. (dont l’adresse a donné son nom à recueil). La correspondance s’étale sur une vingtaine d’années, d’octobre 1949 à octobre 1969.

C’est à la suite d’une petite annonce passée dans un journal (le Saturday Review of Litterature pour être précise) qu’Helene, à la recherche de certains livres épuisés, leur adresse une première lettre.
Les premiers échanges sont relativement conventionnels, mais très vite, la spontanéité et la gentillesse d’Helene ont raison de cette raideur professionnelle : le ton devient très vite amical, et de plus en plus intime, jusqu’à cette sorte de complicité tendre, presque d’amour qu’on entre eux les gens partageant la même passion (et la littérature est une maîtresse exigeante). Apprenant qu’au Royaume-Unis, les tickets de rationnements ont toujours court, Helene décide de faire parvenir de la nourriture au personnel de la librairie, mais aussi à leurs familles.

Des liens se tissent peu à peu entre elle et Franck Doel, mais aussi avec Nora, la femme de Franck, Cecily et d’autres employés de la librairie qui prennent eux aussi parfois la plume pour lui répondre. Le ton est très libre, vif, plein d’humour, de charme et de littérature. Car c’est avant tout des livres dont il est question. Editions rares et introuvables, erreur de commande…

Mon avis :
Magnifique et profondément humain. Un véritable petit bijou de la “littérature” épistolaire, si l’on peut dire, puisqu’il ne s’agit pas d’une correspondance fictive mais réelle (bien que toutes les lettres n’aient pas été publiées). 84, Charing Cross Road est un livre très émouvant à lire, véritable reflet des relations privilégiées qui peuvent se nouer entre amoureux des livres et de la littérature. Si les auteurs et les ouvrages auxquels il est fait référence sont principalement anglo-saxon, le ton très vivant et passionné des lettres ne peuvent laisser aucun amoureux des livres et de la littérature totalement insensible. Les notes de la traductrice apporte des précisions sur les auteurs et les titres auxquels il est fait référence, il n’y a donc aucune inquiétude à avoir si après Shakespeare, vous êtes perdus.

Aucune mièvrerie, aucune sensibilité inutile ni de happy end : Helene hanff est morte dans la misère, à l’âge de 80 ans. Il y a évidemment d’autres raisons qui me poussent à employer ces mots, mais je n’en dis pas plus.

84, Charing Cross Road a été adapté en film en 1987 avec Anne Bancroft et Anthony Hopkins dans les rôles d’Helene et de Franck.

1.

Le droit de ne pas lire.

2.

Le droit de sauter des pages.

3.

Le droit de ne pas finir un livre.

4.

Le droit de relire.

5.

Le droit de lire n’importe quoi.

6.

Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).

7.

Le droit de lire n’importe où.

8.

Le droit de grapiller.

9.

Le droit de lire à voix haute.

10.

Le droit de nous taire.

Cette petite affichette portait un n°11

11.

Le droit de ne pas faire la fiche de lecture.

J’en rajoute un douxième

12.

Le droit de parler d’un livre comme bon nous semble.

Il semblerait que ces droits indescriptibles du lecteur aient été “rédigés” par Daniel Pennac, mais je n’en suis pas certaine. La petite affichette indique en tout cas : “Si vous voulez que votre enfant lise, affichez ces dix commandements dans sa chambre.” Suivent ensuite le nom de Daniel Pennac et le titre Comme un roman.
Merci à A.S.C

Edit :

Les droits imprescriptibles du lecteur analysés à l’heure du numérique. Paru dans Edition-actu n° 84, 1er novembre 2003

A la question “quel est votre livre préféré ?” j’avoue être dans l’incapacité totale et physique de répondre : je ne sais pas quoi dire. Je donne habituellement une réponse qui, plus qu’une synthèse, se révèle être une sorte de radiographie de mon humeur du moment. A prendre avec des pincettes donc, parce que, trop souvent, une heure après avoir réussi à trancher le noeud gordien, le nom d’un livre que j’avais adoré me reviens en tête, et je me demande comment j’ai pu ne pas le citer.

Nous dirons donc que, pour ce jour et cette heure, les cinq livres que je place au-dessus de tous les autres (sans ordre de préférence) :

- La promenade au phare, de Virginia Woolf
- Aden-Arabie, de Paul Nizan
- Selected Poems, W.B Yeats (anthologie de Penguin)
- Citadelle, Saint-Exupéry
- La Croisée des Mondes, de Pullman

Et parce que je suis incurablement indisciplinée, j’en rajoute deux autres (et puis sept est un chiffre “amical”, et ce n’est pas Septimus Days qui dira le contraire) :

- Inishowen de Joseph O’Connor
- Le Nouveau magasin d’écriture, de Hubert Haddad

Une petite illustration absolument adorable que j’ai découvert aujourd’hui en feuilletant le second artbook du collectif du forum Café Salé.

Voir le site de l’illustrateur Reuno

On ne le voit pas sur l’illustration, mais les livres ont des titres. Le livre rouge en haut à gauche s’apelle L’histoire sans fin, le jaune en train de rattraper le gris s’appelle Le Petit Prince, et le bleu gris sur l’étagère du bas, c’est Le Seigneur des Anneaux. Les autres, vous le saurez en feuilletant l’Artbook.

Artbook CFSL .Net Vol. 2
ISBN : 978-2916739410
Ankama Editions

Je relaie le message lancé par le bloc-note de Lekti.org sur le prix unique du livre et la loi Lang de 1981 qui sont aujourd’hui menacés. Vous pouvez manifester votre soutien en signant la pétition ici. Vous y trouverez également plus d’informations.

  • Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».
  • Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature. Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel. Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.
  • Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés du réseau de la lecture publique, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d’un véritable choix.
    Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle.
  • Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. En permettant d’infléchir les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre, elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable. Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.
  • De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation.
    En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture.
  • La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore.

Le principe de l’opération est simple : une liste de livres est proposée, vous sélectionnez ceux qui vous plaisent, un tirage au sort désigne les participants et le livre qu’ils devront chroniquer. La critique doit être écrite dans un délai d’un mois, et être postée à la fois sur son blog et sur le site de Babelio.

Je m’étais déjà inscrite une fois sans succès. Cette fois j’ai eu plus de chance, j’attends de voir quel ouvrage je vais recevoir. En tout cas, la présentation m’a fait sourire, c’est vrai, on me parle de livres à adopter, je fond littéralement. (pauvres bêtes)

La Voleuse de livres
Markus Zusak
Traduit de l’anglais par Marie-France Girod

Résumé (evene.fr):
Allemagne, 1939. La Mort est déjà à l’oeuvre. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d’adoption, à l’abris, en dehors de Munich : le père de Liesel a en effet été emporté par le souffle d’un seul et étrange mot – communisme -, et Liesel a vu la peur d’un destin semblable se dessiner dans les yeux de sa mère. Sur la route, la Mort rôde autour des enfants, réussit à s’emparer du petit garçon mais c’est la petite fille qu’elle veut. Ce sera la première d’une longue série d’approches. Durant l’enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle qui ne sait pas lire, un livre, ‘Le Manuel du fossoyeur’, dont elle pressent qu’il sera son bien le plus précieux, peut-être sa protection. Commence alors entre elle et les mots une étrange histoire d’amour. Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qu’il se passe autour d’elle, Liesel, avec l’aide de Hans, son père adoptif, décide d’apprendre à lire. A mesure que l’histoire avance, la Mort s’empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper.

Mon avis :
Un chef-d’œuvre. Sans doute l’ouvrage le plus marquant que j’ai lu depuis un bon bout de temps. Si vous n’avez qu’un seul livre à lire cette année, lisez celui là. Aucune mièvrerie, aucune facilité et pourtant c’est mené avec brio de la première à la dernière ligne. La Mort parle juste. Sans clichés, sans poncifs, sans métaphores faciles. Oubliez les fictions larmoyantes sur la seconde guerre mondiale et sur la Shoah. Non seulement le récit est unique, mais en plus, il s’attache à nous décrire le conflit par le biais d’un point de vue qui n’est que trop rarement abordé : celui des allemands. Et ni des résistants allemands, ni des juifs allemands, ni des intellectuels persécutés. Non, juste celui des allemands. Et franchement, c’est une voix qui manque, dans les livres d’histoires, dans les témoignages, dans les récits –fictionnels ou non-.
Bouleversant. Beau. Juste. Terrible.
En tout cas, je tire mon chapeau à l’auteur, et à la personne qui m’a fait découvrir cet ouvrage. Merci, merci, merci.

Dernière petite remarque : le livre est a été classé comme « livre jeunesse » par l’éditeur, mais je trouve que (comme la trilogie de Pullman, au hasard) c’est un livre qui se lit à tout âge à partir de douze ans, et que les frontières entre livre jeune / livre adulte sont beaucoup plus perméables que ce que laissent croire les rayons des bibliothèques et des librairies.

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