Le Livraire

Carnet de lecture

Days – James Lovegrove

Traduit de l’anglais par Nenad Savic
Edition J’ai Lu

daysPrésentation de l’éditeur :
Chez Days, le plus grand gigastore du monde, tout s’achète. Absolument tout. Mais pour le commun des mortels, il faut bien souvent se contenter des vitrines éclairées qui font le tour du bâtiment, car on ne peut rentrer chez Days qu’avec une carte de membre. Alors, certains sont prêts à tous les sacrifices, toutes les folies, pour parvenir à mettre la main sur l’un des fameux sésames. Que ne ferait-on pas pour pénétrer dans le temple absolu de la consommation ? Car une fois à l’intérieur, à l’abri du monde et des tracas quotidiens, l’âme emplie par toutes les promesses de promotions et de ventes flash, on se sent enfin exister. Le client est roi, dit-on… Mais à quel prix ?

Mon avis :
Days est plus qu’un simple magasin, c’est un empire bâti sur des règles complexes, et les enfreindre vous réduit au rang de paria. Cet empire est entre les mains des sept fils du fondateur, Septimus Days, personnage excentrique qui battît sa vie et sa réussite autour du chiffre sept.
Frank Hubble est le chef de la Sécurité Tactique. Un fantôme comme on les nomme. Toute sa formation a consisté à lui apprendre à se faire oublier, à ne laisser aucune trace dans les mémoires. Personnage fragile, hésitant, qui regrette sur le tard d’avoir choisi cette voie -mais que faire d’autre ?- et qui décide de démissionner.
Linda et Gordon forme un couple modeste. Toute sa vie durant, Linda n’a attendu qu’une seule et unique chose : pouvoir posséder une carte pour aller chez Days. Voilà que justement, cette carte, ce précieux sésame leur a enfin été accordé : une Silver. Linda va pouvoir réaliser son rêve, à condition que la réalité ne soient pas pour elle une désillusion terrible, d’autant qu’on dit que les clients de Days finissent par se comporter de manière étrange, littéralement absorbés par le magasin.

Quelques personnages, d’abord grossièrement esquissés et dont la complexité s’accentue au fur et à mesure de la narration. Un conflit mortelle entre le rayon des livres et celui de l’informatique. Days est un roman, non d’anticipation -qui a vu des bousculades répétées dans les grands magasins le samedi après-midi me comprendra- mais une critique de la société de consommation et des comportements des foules. Des humains, des êtres -en principe- pensant, se transformant en horde sauvage affamée avide de bonnes affaires et perdant tout sens de la mesure. Un homme à qui l’on a inculqué l’oubli de sa propre conscience, de sa propre existence, un couple à la vie médiocre, littéralement abrutit, obsédé par l’idée de possession d’une chose, dans le seul but de prendre sa revanche sur la vie, de faire bisquer les voisins, tous cela n’est jamais qu’un reflet de notre société.
Un livre intéressant, intriguant et terriblement vrai. L’écriture de Lovegrove ne s’embarrasse ni de fioriture ni de grandes phrases mais frappe juste. Chirurgical.

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