Le Livraire

Carnet de lecture

Meurtres entre soeurs – Willa Marsh

Autrement (9/9/2009)
ISBN : 978-2-7467-1320-8
Traduit de l’anglais par Danielle Wargny
Titre original : Sisters Under the Skin

Quatrième de couverture :
« – Ecoute-moi bien ! Essaie de te souvenir de l’état dans lequel nous étions lorsque nous avons essayé de la tuer.
D’accord, nous étions gamines, mais suffisamment ulcérées pour souhaiter sa mort. Réfléchis. Rappelle-toi… – Tu as raison. Je la jalousais. Mo et Pa étaient en adoration devant elle. Elle leur appartenait à tous les deux comme ça n’avait jamais été le cas pour nous. Je me sentais tellement envieuse. Envieuse lorsqu’elle grimpait dans leur lit et se coulait entre eux, le plus naturellement du monde. J’adorais Pa, mais je n’aurais pas osé faire ça.
J’avais l’impression qu’ils l’aimaient davantage, simplement parce que c’était leur enfant à tous les deux. » Olivia et Emily, demi-sœurs, vivent une enfance heureuse dans l’Angleterre des années 1950. Jusqu’au jour où Mo et Pa font un troisième enfant : Rosie, la petite princesse, leur préférée. Qui se révèle particulièrement odieuse. Grâce à de faux scandales, Rosie parvient à empoisonner l’existence de toute la famille, poussant Olivia et Emily dans leurs derniers retranchements.
Comment s’en débarrasser ? Coups bas, manipulations en tous genres, vengeances : ici, on ne se fait pas de cadeaux… Impossible de s’ennuyer à la lecture de ce roman savoureux, au goût acide, qui nous entraîne dans les méandres d’une intrigue tortueuse en compagnie d’héroïnes aussi cyniques que déjantées. Un festival d’humour noir!

Mon avis :
Publié très discrètement au début du mois de septembre en France Meurtres entre sœurs est pourtant un excellent roman qui mérite largement le détour.
Les éditions Autrement ne font pas beaucoup parler d’elles mais à chaque fois que j’ai l’occasion de lire une de leurs publications -pour l’instant uniquement dans le domaine de la littérature étrangère- je suis enchantée par l’originalité, la pertinence et la finesse de ces ouvrages, contrairement à d’autres éditeurs -que je ne citerais pas-, plus connus et souvent plus appréciés, qui se diluent peu à peu, se reposant trop sur des acquis. Nous verrons comment cet avis évoluera avec le temps, mais pour l’instant…

Bien que sa parution en français soit récente, ce roman a été publié pour la première fois en 1996. L’histoire est d’une simplicité pratiquement déconcertante : juste après la Seconde Guerre Mondiale, un veuf et une veuve, chacun ayant eu une fille, se remarie. Les deux fillettes, d’abord en bisbille apprennent à se connaître et à s’apprécier, jusqu’au jour où Rosie voit le jour. Rosie, l’enfant chérie du couple, la demi-soeur d’Emily et d’Olivia. Ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, elle induit en erreur, peut-être même est-ce le but. Car Rosie, sous ses jolies boucles blondes et ses grands sourires va s’avérer être une véritable ordure, un as de la manipulation qui sait comme personne interpréter le vieil adage « Diviser pour mieux régner ».
Toute la cruauté, la saveur de l’intrigue repose sur le style éblouissant de Willa Marsh, qui n’est pas sans évoquer celui de John Cheever, cette description des comportements et des motivations des humains, et l’étrange paradoxe qui les accompagnes bien des fois. On reste sans voix devant l’humour noir et les réparties grinçantes de certaines scènes. La narration, bien que simple, n’en est pas moins impeccablement maîtrisée, le livre s’ouvrant sur la scène finale, avec un léger décallage, les innocents ne sont pas ceux qu’on croit, et il n’y a pas de deus ex machina pour réparer les dégats. Je n’en dirais pas plus sur la fin pour vous laisser tout le plaisir de la découverte, du suspens et de la colère.

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4 réponses à “Meurtres entre soeurs – Willa Marsh

  1. denis samedi 10 octobre 2009 à 19:45

    je suis d’accord que Autrement est un éditeur de très grande qualité
    livre à lire donc

  2. Pingback: Challenge du 1% littéraire 2009 « Le Livraire

  3. HELENE vendredi 22 juillet 2011 à 09:51

    Ce livre est un délice acide !

  4. Le livraire mardi 26 juillet 2011 à 21:51

    Une vrai tuerie et une peinture magistrale des proportions considérables que peuvent atteindre ce qui est au départ « de simples vacheries » entre frangines.

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