Le Livraire

Carnet de lecture

Archives de Tag: Déportation

Spirit Lake – Sylvie Brien

Scripto – Gallimard ( 2008 )
ISBN : 978-2070614431

spirit_lakeRésumé ( présentation de l’éditeur ) :
Québec, 13 mai 1915, Dans l’infirmerie ou camp de détention de Spirit Lake. Peter Gaganoyitch agonise sur un lit de camp. Il n’a que quatorze ans. Comment en est-il arrivé là ? Trois mois plus tôt, il débarquait au Canada, avec Iwan, son frère, et sa grand-mère adorée fuyant la guerre et l’Autriche-Hongrie. Ils pensaient atteindre un nouveau paradis… Comment un jeune garçon, interné au milieu d’un no man’s land de glace, utilise miraculeusement ses qualités humaines, son imagination. Et comprend que le bonheur se choisit chaque matin, au saut du lit, comme un vêtement. Un magnifique roman, une magistrale leçon de vie.

Mon avis :
J’attendais beaucoup de ce roman, qui s’annonçait très prometteur, et j’ai été assez déçue. La narration est divisée en deux : d’une part le récit de ce qui se passe à l’infirmerie, ce que Peter vit au jour le jour, la sensation de la mort imminente. De l’autre, tout ce qui s’est passé avant : la déclaration de la guerre, l’arrivée au Canada et l’internement au camp de Spirit Lake. Je n’ai pas vraiment accroché avec les éléments fantastiques de l’histoire, qui s’intègrent maladroitement à l’histoire, trop brouillons. Je reconnais que le livre est bien écrit, mais le style de l’auteur ne m’a pas spécialement plu, question de goût, je n’ai pas aimé.

En revanche, ce livre a le mérite de présenter une facette méconnue de l’histoire du Canada : l’internement des immigrants d’origines austro-hongroise ou ukrainienne, considérés comme des ennemis par le Canada, qui est à ce moment là une colonie de l’Angleterre. Le camp de Spirit Lake a vraiment existé. « Il ouvrit ses portes le 13 janvier 1915 et compta jusqu’à mille trois cent douze prisonniers. […] Ce camp de travail ferma ses portes le 28 janvier 1917. On y dénombra officiellement vingt-deux décès. »

A lire aussi :

– Une critique de Spirit Lake par Francesca.
Un article sur le camp de Spirit Lake et l’Abitibi.

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Années d’enfance – Jona Oberski

Années d’enfance
Jona Oberski
Gallimard, 1993
ISBN : 2-07-056882-2

Quatrième de couverture :
Il a six ans. Né en Hollande, fils de réfugié allemands, il est juif. En cette année 1943, nul pays d’Europe ne peut lui être une patrie ou un refuge, mais il ne le sait pas encore. Il ignore tout de la guerre, il sait à peine qu’elle bouleverse sa vie. Arrêté avec ses parents et déporté au camp de Westerbork, puis à Bergen-Belsen, il raconte avec ses mots innocents l’horreur quotidienne, les espoirs fous des déportés, bercés par leurs bourreaux de l’illusion d’un départ vers la Palestine, la mort lente de son père, les jeux cruels des enfants au milieu des charniers, l’agonie de sa mère qui bascule dans la folie après sa libération.
Sans révolte apparente – il accepte le camp comme la seule réalité qui lui soit offerte – il nous permet, à travers ses yeux d’enfant, de prendre la mesure de l’insupportable.

Pourquoi je n’ai pas accroché :
La narration est totalement décousue, plate et incompréhensible. Les premières pages sont cohérentes, puis on est très vite perdu entre les différents tableaux du récit. Est-ce un retour en arrière ? Une extrapolation ? Aborder le thème de la déportation de manière pure et enfantine, – puisque le récit est raconté à travers les yeux d’un enfant – est une excellente idée, mais en l’occurrence dans ce cas précis, l’absence total de repère spatial et temporel n’aide pas à entrer dans le texte. L’inclusion d’anecdotes, de souvenirs comme celui de l’arlequin égarent encore un peu plus.

J’ai décroché très vite et n’ai pas dépassé la page 25 (le livre fait 150 pages). En feuilletant rapidement et en lisant en diagonale, j’ai remarqué que par la suite, le récit devenait plus fluide, plus compréhensible au fur et à mesure de l’enchaînement des événements. Je suppose qu’une fois dépassé l’écueil des cinquante premières pages, c’est un livre très émouvant et très intéressant, mais je n’ai pas eu envie de poursuivre ma lecture.

J’avais emprunté cet ouvrage en me rappelant un titre que j’avais lu durant mes années de collège et qui s’intitulait Voyage à Pitchipoï, de Jean-Claude Moscovici, mais à la différence de ce dernier, je n’ai pas accroché avec Années d’enfance.