Le Livraire

Carnet de lecture

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Le pavillon des combattantes – Emma Donoghue

Titre original : The Pull of the Stars
Traduit de l’anglais par Valérie Bourgeois
Presses de la Cité

Quatrième de couverture :
En pleine pandémie de grippe espagnole, l’ancien monde est en train de s’effondrer.
À la maternité, des femmes luttent pour qu’un autre voie le jour
.

1918. Trois jours à Dublin, ravagé par la guerre et une terrible épidémie. Trois jours aux côtés de Julia Power, infirmière dans un service réservé aux femmes enceintes touchées par la maladie.
Partout, la confusion règne, et le gouvernement semble impuissant à protéger sa population. À l’aube de ses 30 ans, alors qu’à l’hôpital on manque de tout, Julia se retrouve seule pour gérer ses patientes en quarantaine. Elle ne dispose que de l’aide d’une jeune orpheline bénévole, Bridie Sweeney, et des rares mais précieux conseils du Dr Kathleen Lynn – membre du Sinn Féin recherchée par la police.
Dans une salle exiguë où les âmes comme les corps sont mis à nu, toutes les trois s’acharnent dans leur défi à la mort, tandis que leurs patientes tentent de conserver les forces nécessaires pour donner la vie. Un huis clos intense et fiévreux dont Julia sortira transformée, ébranlée dans ses certitudes et ses repères.

Mon avis :
Si l’autrice a entamé l’écriture de ce roman en octobre 2018 pour le centenaire de l’épidémie de grippe espagnole, l’ambiance toute particulière dans laquelle évoluent ses protagonistes ne surprendra personne en 2021. Pour la petite histoire, son manuscrit a été rendu à l’éditeur en mars 2020, deux jours seulement avant que la pandémie ne soit officiellement déclarée.

On peut supposer que la perception du côté historique s’avère très différente de ce qu’elle aurait été si le roman avait paru il y a seulement trois ans. Plutôt que de restituer sous nos yeux ce que pouvait être la vie quotidienne pendant une épidémie – chose que nous aurions sans doute eu du mal à mesurer auparavant – il est saisissant de voir à quel point on retrouve des situations similaires, et notamment dans l’énoncé de certaines situations (comme la fermeture des écoles qui prive les écoliers des quartiers pauvres de Dublin de leur seul repas substantiel de la journée et tant d’autres…). Cependant, en dépit de ces similitudes, la retranscription de cette époque particulière, rarement abordée dans de nombreux livres de fiction autour de la Première guerre mondiale, est très pertinente et bien construite. Elle est suffisamment prenante pour que l’on puisse s’ancrer dans le passé lors de sa lecture et parvenir à sortir du quotidien actuel que nous ne connaissons que trop bien.

Le style est très descriptif : l’introduction, particulièrement cinématographie, plante immédiatement le décor. Nous plongeons dans l’action sans perdre de temps, comme pour mieux souligner le sentiment d’urgence et la parenthèse que vont représenter ces trois jours qui vont changer à jamais la vie des femmes dont il est question. Trois jours durant lesquels on assiste à la lutte acharnée de Julia Power, infirmière de son état, pour tenter de sauver les patientes sous sa garde. Elle est seule, épuisée et sans guère de matériel ou de conditions adaptées pour accomplir sa tâche. Tout juste est elle assistée par Bridie Sweeney,une bénévole débutante aussi naïve que volontaire et courageuse.

L’action se passe à la fin du mois d’octobre 1918, juste avant l’Armistice -mais cela, nous seul.e.s pouvons le savoir. Juste avant que la grippe espagnole (ainsi nommée parce que l’Espagne -qui ne participait pas au conflit mondial- était le seul pays à communiquer des informations sans censure au sujet de la pandémie) n’atteigne un pic de mortalité particulièrement critique. C’est aussi le moment de la fête d’Halloween, à la base une tradition irlandaise. Non contente d’être une période où le voile entre les mondes est réputé être le plus fin, raison pour laquelle les morts reviennent hanter les vivants, c’était aussi, dans des temps reculés, le passage de l’ancienne à la nouvelle année.

La diversité des personnages, allant de la religieuse à une femme issue de la bourgeoisie protestante, en passant par la figure emblématique et étonnante du Dr Lynn, qui a réellement existée, donne à voir un aperçu de la condition féminine irlandaise au début du XXe siècle : hors du mariage, point de salut! Les célibataires sont considérées avec suspicion, voire avec mépris. Et corollaire du mariage, les maternités successives et leurs ravages, spécialement pour les femmes issues des classes sociales les plus pauvres et les plus défavorisées.
Le constat, aussi édifiant que documenté, est rageant et ce récit n’édulcore pas ce qu’a pu être la réalité de la vie de bien des femmes il y a un siècle, sans oublier de mentionner le terrible sort de celles qui se retrouvaient à vivre dans un orphelinat ou enfermées dans les couvents/blanchisseries de la Madeleine.

Les hommes, bien que n’étant pas le sujet central du récit ne sont pas oubliés. Les traumatismes physiques et autres causés par la guerre de 14-18 sont notamment évoqués avec justesse et délicatesse.
La virtuosité narrative de l’autrice permet le tour de force de nous dresser non seulement des portraits riches et variés, mais aussi de rendre compte avec fidélité et précision des techniques d’obstétrique de l’époque, (dont certaines quoique particulièrement brutales, seront employées jusqu’en…1984) ainsi que du contexte historique irlandais (un peu plus de deux ans après la Pâque sanglante) sans jamais lasser et en conservant un rythme narratif qui tient en haleine.


Une fiction historique passionnante avec des protagonistes aux caractères bien trempés, pour qui s’intéresse à l’Irlande au delà des images d’Epinal et des fantasmes ; pour celleux qui ont aimé la série/le livre « Call the Midwife » pour son aspect documentaire et plein d’humanité et qui retrouveront semblables échos ici.
Un hommage à la force de caractère des femmes, à la résilience et aux courages (au pluriel, parce que je doute qu’il n’y ait qu’un seul type).

Enfin, si cela paraît évident, je préfère souligner que si des thématiques comme le deuil périnatal, la maltraitance, l’abandon ou encore la situation actuelle vous touche de trop près ou vous angoisse, alors peut-être est-il préférable de passer votre chemin (ou alors de vous y plonger en connaissance de cause).

Merci à Netgalley et aux Presses de la Cité pour ce titre

Les trois lumières – Claire Keegan

Sabine Wespieser
Traduit de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin
Titre original : Foster
ISBN : 978-2-84805-095-9


Un très court roman au phrasé simple et aux mots du quotidien, dépourvus de toute fioriture. Ainsi pourrait-on résumer Les Trois Lumières. Un dimanche juste après la messe, une fillette que l’on devine âgée d’une dizaine d’années est conduite par son père dans une ferme tenue par un couple pour soulager la famille de sa présence, le temps que sa mère accouche d’un énième rejeton. Son père oubliera sa valise et partira sans même un au revoir. Comme dans un conte, la petite, dépourvue de tout, revêtira d’autres vêtements, entrant ainsi dans un monde totalement différent, à la fois pour elle et pour nous.

Elle passera l’été chez ce couple sans enfant, mais aux vêtements de garçons curieusement rangés dans une armoire. Un drame que l’on devine et autour duquel ne tourne pas l’intrigue du roman. Ses circonstances et l’enfant absent ne sont qu’évoqués brièvement par l’indiscrétion d’une commère, de façon aussi incongru et imprécise que ses questions indiscrètes et ses commentaires dispensables. Peu à peu la petite, dont le nom n’est jamais mentionné et les Kinsella s’habituent à leurs présences mutuelles, s’apprivoisent.
La raison d’être du roman, ce sont les gestes du quotidiens vu par les yeux de la fillette. Ces petits riens dont la description fragile, anecdotiques et pourtant incroyablement précise vient donner au texte toute sa force. On devine, sans qu’il ne soit jamais nécessaire de le préciser, combien la maison de la fillette et cette grande ferme silencieuse sont différentes, combien leurs habitants le sont aussi. De cette maison qu’elle a quittée, on ne sait rien non plus. Sans la mention de la grève de la faim de Bobby Sand, rien ou presque (le chapelet en plastique, la voiture…) ne permettrait de situer l’action du roman en 1981.

Les Trois Lumières est un roman simple et beau, dont la lecture a été malheureusement un peu défloré par l’avalanche de critiques dithyrambiques et parfois larmoyantes.

Ce regard en arrière – Nuala O’Faolain

Sabine Wespieser
Traduit de l’anglais (Irlande) par Dominique Goy-Blanquet
Titre original : A More Complex Truth : Selected Writing
ISBN : 978-2-84805-093-5

Quatrième de couverture :
Alors que le public irlandais garde vive la mémoire des chroniques, des articles et des émissions de la grande journaliste que fut aussi Nuala O’Faolain, les lecteurs français ne connaissent  » que  » ses romans et ses mémoires.
Dans la sélection des soixante-dix textes publiée aujourd’hui, englobant plus de vingt années de carrière – de 1986 à 2008 -, se retrouvent tout entiers l’intelligence pointue, la sensibilité, la faculté d’empathie et le talent d’observation de la grande dame irlandaise disparue. Traitant des sujets les plus divers – le statut des femmes dans la société, le processus de paix en Irlande, le boom économique, l’omniprésence de l’Eglise catholique, les effets du 11 Septembre à New York et dans le monde, les concerts de U2, l’importance de Sinatra ou la mort de sa chienne Molly, Nuala O’Faolain ne baisse jamais la garde : elle ne cesse de dénoncer, avec la précision teintée d’ironie qui lui était propre, les mécanismes intimes du pouvoir et de l’impuissance.
Ceux qui ont lu ses romans auront l’émouvant sentiment de la retrouver telle qu’en elle-même dans sa lucidité et sa tendresse pour le monde. Ils découvriront l’étendue des centres d’intérêt et la richesse de la palette narrative de celle qui contribua grandement au combat féministe en Irlande et fut une grande conscience de son époque.

Mon avis :

Couverture de l'édition anglaise

Recueil des nombreuses chroniques que Nuala O’Faolain publia entre 1986 et 2007, quelques mois avant sa mort, en mai 2008, Ce regard en arrière présente un intérêt variable, suivant les sujets abordés et les périodes.

À travers la palette des nombreuses chroniques constituant ce recueil, ce sont différents aspects de la vie irlandaise que nous découvrons : des sujets de sociétés en passant par la politique, l’économie, la vie sociale encore les coutumes actuelles de l’Irlande moderne. La répartition des tâches ménagères, la condition des femmes – sujet largement développé sous différents angles, des plus quotidiens aux plus sordides –, les Travellers (population nomade d’Irlande), le défilé de la Saint-Patrick ou encore la construction effrénée dont sont victimes certains endroits, autant d’approches comportant un point de vue interne sur un pays dont la vision fantasmée qu’en ont beaucoup de gens fausse la réalité.

L’Irlande est un pays qui ne peut se définir uniquement et simplement par sa musique, ses légendes, ses écrivains et ses paysages. Pas plus qu’elle ne peut se réduire au conflit nord-irlandais, parfois maladroitement réduit à une question religieuse ou territoriale, ni même à ses scandales récents au sujet de la pédophilie. Là-dessus, Ce regard en arrière, offre une perspective intelligente, remettant sur le devant de la scène certains événements pratiquement inconnus du public français, à moins qu’il n’ait déjà un intérêt particulier pour ce pays, et surtout, comportant une contextualisation, évitant ainsi certains écueils et dans une certaine mesure, obligeant le lecteur à aller chercher en amont des informations complémentaires. (Ceci étant, certains lièvres soulevés demandent quelques éclaircissements, au moins par curiosité).
Quelques entrefilets, aussi bref soient-t-ils, ont de quoi frapper durablement :

« Ceux de la vieille école véritable, du temps où les Irlandaises se faisaient arracher toutes les dents avant le mariage pour garantir à leur promis qu’elles ne lui coûteraient pas un sous » […] in Les Dents, p. 249

On peut simplement regretter que l’ensemble soit, malgré quelques noyaux extrêmement instructifs et intéressants, assez inégal. Certaines réflexions sont très constructives, d’autres possèdent malheureusement une tendance mielleuse rapidement agaçante quand elle est distillée avec plus ou moins de bonheur sur une série de sujet soit convenus, soit totalement dispensables. À lire, sans doute, mais en triant certainement.

La Terre des Fées

Voici une branche du pommier d’Emain
que je t’apporte, semblable aux autres ;
elle a des rameaux d’argent blanc
et des sourcils de cristal avec des fleurs,

C’est en une île lointaine,
tout autour brillent les chevaux de mer
dans leur course avec l’écume des vagues ;
quatre piliers supportent cette île,

des piliers de bronze la supportent,
brillant à travers des siècles de beauté,
jolie terre à travers les siècles du monde
où maintes fleurs jaillissent.

Parmi les fleurs est un vieil arbre
où les oiseaux chantent les heures
en grande harmonie car ils savent
chanter ensemble à chaque heure du jour.

Des splendeurs de toute couleur brillent
dans la plaine aux jolies voix,
la joie rayonne et on écoute
des musiques dans la plaine de la Nuée d’Argent.

Inconnues sont la douleur et la traîtrise;
ni chagrin, ni deuil, ni mort,
ni maladie, ni faiblesse,
voilà le signe d’Emain.

Beauté d’une terre merveilleuse
dont tous les aspects sont aimables,
en un étrange pays
où la brume est incomparable.

Il y a trois fois cinquante îles lointaines
dans l’océan vers le couchant,
plus grande qu’Érin deux fois
est chacune d’elles ou trois fois.

C’est la terre de bonté
où pleuvent les cristaux et les pierres de dragon,
la mer jette la vague contre la terre,
les cheveux de cristal de sa crinière.

Des chariots d’or dans la plaine de la mer
s’élèvent avec le flot vers le soleil,
il y a des chariots d’argent dans la plaine des Jeux
et des chariots de bronze sans défaut.

Des coursiers d’or jaune sont sur la rive,
d’autre encore de couleur pourpre,
d’autres avec de la laine sur le dos,
de la couleur du ciel très bleu.

Au lever du soleil viendra
un bel homme illuminant les plaines,
il chevauche l’étendue battue des flots,
il remue la mer jusqu’à ce qu’elle soit de sang.

Une armée viendra par la mer claire,
vers la terre elle navigue,
les rameurs s’élancent vers les rochers
d’où s’élèvent cent refrains.

C’est un jour d’éternel beau temps
qui verse de l’argent sur les terres,
une falaise blanche bordant la mer
qui reçoit la chaleur du soleil.

Là sont le bonheur et la santé
sur la terre où résonnent les rires,
en la très calme terre, en toute saison,
est la joie qui dure toujours.

Emain, étonnante en face de la mer,
qu’elle soit proche, qu’elle soit lointaine,
où sont des milliers de femmes étranges
que la mer claire entoure.

in La navigation de Bran (Irlande, VIe siècle (?).) traduction J. Markale ; tiré du livre Trésor de la poésie universelle, R. Caillois et J-C. Lambert, Gallimard

Crépuscule irlandais – Edna O’Brien

Sabine Wespieser
Traduit l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat
Titre original : The light of Evening
ISBN : 978-2-84805-087-4

Parution le 2 septembre

crepuscule_irlandaisQuatrième de couverture :
Edna O’Brien écrit ici le roman tumultueux et enfiévré de l’amour maternel. Il faudra un long chemin à Eleanora pour comprendre la vraie nature de sa mère, Dilly, qui pour elle avait toujours représenté le poids de la morale et de la tradition.
Dilly avait eu beau vouloir dans sa jeunesse échapper à son destin de fille d’Irlande, elle était revenue au pays, résignée, et s’était mariée, après sa tentative avortée de fuite aux États-Unis. Sa fascination pour New York, son premier travail comme bonne à tout faire, et puis le rêve qui tourne court et, dès son retour, l’installation à Rusheen, cette campagne perdue où elle a vécu la majeure partie de sa vie : elle a tout le temps de se les remémorer dans l’hôpital de Dublin où elle attend un diagnostic. Âgée et malade, elle ne désire plus qu’une visite de sa fille, à qui elle n’a jamais cessé d’envoyer des lettres aimantes et fascinées.
Eleanora, elle, a fui très jeune pour Londres l’étouffante campagne irlandaise. Elle y est désormais célèbre et détestée pour ses romans sulfureux. Quand enfin elle se rend au chevet de sa mère, c’est en coup de vent : elle prétexte un rendez-vous, et part retrouver un amant. Dans sa précipitation, elle oublie son journal intime…
Quand elle s’en aperçoit, sa panique est vaine : la vie affranchie et passionnée qu’elle y consigne a sans doute tendu à sa mère un troublant miroir où celle-ci a pu reconnaître l’ombre de ses désirs passés. Eleanora découvrira, trop tard, la dimension de l’amour que lui vouait Dilly.

Mon avis :
Crépuscule Irlandais est un roman écrit de manière assez fragmentaire où les voix, les époques et les angles de vues se mêlent, se confondent pour former une polyphonie riche de sens mais qui demande une certaine attention de la part du lecteur,  les différentes parties ne s’enchaînant pas forcément de manière formelle ou attendue.
Cette -relative- complexité au niveau de la construction narrative contribue à donner du relief puisque l’histoire n’est pas linéaire mais par bribes, un peu à la façon d’un album de photos très richement légendé où s’intercaleraient des extraits de lettres et de journaux intimes (je précise que cette comparaison est bien à prendre au figuré). Chaque partie met l’accent sur un personnage et/ou une période. Ainsi la période où Dilly travaille à New York en tant que bonne correspond aux années de guerre civile en Irlande, guerre durant laquelle son frère trouvera la mort, tué par les Black and Tans.

La langue employée se métamorphose presque imperceptiblement tout au long du récit, changeant de forme et de vocabulaire pour retranscrire les souvenirs, les dialogues, les paysages. Les descriptions de ces derniers sont de toute beauté, venant soutenir l’histoire, lui apporter une réalité tangible. Ceci étant, c’est une écriture particulière qu’il faut apprécier, et si magnifique soit cette nature luxuriante, elle pourrait lasser un lecteur adepte de réçit moins contemplatif.
La quatrième partie est entièrement constituée de scènes de la vie conjugale d’Eleonora et de son mari. Terriblement bien écrites, percutantes, elles établissent un tableau sans concession de ce que la vie de couple peut avoir de plus mesquin et petit. On ne peut s’empêcher, par moment, de se demander si ce roman ne contient pas une part d’autobiographie, et jusqu’où.

En dépit de quelques interrogations par rapport à la traduction -la sensation désagréable que la langue française ne parvient pas à coller à l’écriture originale d’Edna O’Brien, sans que les qualités du traducteur ne soient remises en cause, mais parce que certains écrivains possèdent une souplesse et un scintillement stylistique impossible à reproduire sans en briser quelque peu le charme-  et de certaines longueurs, Crépuscule irlandais, à défaut de m’enchanter véritablement, m’a donné envie de lire la trilogie Les filles de la campagne, curieuse que je suis de savoir à quoi ressemblent ces romans jugés « sulfureux » à l’époque de leurs parutions.

Lire un extrait du roman (sur le site de Sabine Wespieser)

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