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Archives de Tag: Jeunesse

Sites autour de la Littérature jeunesse

Livres-enfant : Des sélections des meilleurs livres pour les enfants

Lire ado : Des conseils de lecture pour les adolescent(e)s, avec des fiches de lecture et des interview d’auteurs. Notons la section consacrée aux Classiques.

Les petits bouquins : Une sélection commentée de plus de 300 livres pour la jeunesse et les adolescents, de 0 à 16 ans.

Lecture jeunesse : Le site d’une association qui œuvre pour le développement de la lecture auprès des adolescents et des jeunes adultes. Elle s’adresse plutôt aux professionnels et propose des formations et publie également une revue. Quelques articles et chroniques sont cependant disponibles en ligne, par exemple un lien vers La petite bibliothèque idéale à destination d’adolescents.

Lire aux enfants : Ce site s’adresse aux adultes cherchant des ouvrages de qualité à destination des plus jeunes. Sont proposées des sélections d’ouvrages par âge, mais aussi par temps de lecture, ce qui peut s’avérer très pratique et permet d’éviter de se laisser déborder par une histoire qui n’en finit pas.

Marie-Aude Murail – Miss Charity

L’école des Loisirs
ISBN : 978-2211089258

Résumé (quatrième de couverture) :
Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur. Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites sœurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par cœur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…

Mon avis :
Un pavé de plus de 500 pages et un véritable bonheur. Un de ces romans qu’on lit à tout âge avec un réel bonheur, un de ceux qu’on ne lâche pas avant d’en avoir savouré chaque ligne et vécut avec les personnages.
L’histoire commence à l’époque où la jeune Charity a cinq ans. Elle est seule, et comme elle le dit elle-même, elle aurait dû être assise en compagnie de ses deux sœurs ainées, mais ses deux sœurs sont mortes.

J’aurais dû être assise entre mes deux sœurs. Mais Prudence, ma sœur aînée, avait renoncé à vivre trois heures après être née. Quant à Mercy, venue au monde deux ans plus tard, elle n’avait pas voulu tenter l’aventure plus d’une semaine.

Toute la narration est dans cet esprit, cet équilibre entre l’émotion, une pointe d’humour noire, cette justesse des choses, des mots qui vous prennent à la gorge. Charity est seule, désespérément seule. Son père ne lui adresse pour ainsi dire jamais la parole, si tant est qu’on puisse considérer que « en effet » soit une manière de parler à quelqu’un. Quant à sa mère, véritable parangon puritain, elle n’a que deux manières de considérer le monde : ce qui est convenable pour une fille et ce qui ne l’est pas. Mis à part les thés de bienfaisance, la messe, la broderie, le chant et le piano, peu de choses trouvent grâce à ses yeux, et surtout pas Shakespeare ou les sorties au Museum.

Charity grandit, en compagnie  de ses animaux apprivoisés et de Tabitha, sa bonne venue d’Écosse qui lui raconte des histoires épouvantables et qui devient folle petit à petit. Vient s’ajouter Mlle Blanche Legros, une gouvernante chargée de lui enseigner le français et qui lui fait découvrir ce qui va changer sa vie : l’aquarelle. Charity fait preuve de talent et commence à peindre ce qu’elle voit autour d’elle. Tandis qu’autour d’elle le monde change progressivement, évolue, que ses cousines font leur entrée dans le monde, puis se marient, rien, à part quelques événements malheureux – que je ne dévoilerai pas ici – , ne vient modifier le cours de sa vie, quand, après trois échecs, et encouragée par ses amis, elle publie à compte d’auteur son premier livre pour enfants, rempli de ses illustrations. Et comme le lui prédisait ses amis, et pour le plus grand désespoir de sa mère, le livre s’avère être un succès…

Le livre tout entier est un enchantement où rien n’est jamais certain, où l’on attend page après page le dénouement de ces tensions que Marie-Aude Murail noue les unes après les autres. L’histoire de Charity est douce-amère, comme la vie, emplie de grandes joies et de grandes tristesses, de doutes, de craintes, de pertes et de retrouvailles. Pas de grande fin tapageuse, seulement un achèvement paisible plutôt qu’heureux au sens où l’entendent habituellement les livres pour la jeunesse, et contre la mode actuelle des fins plus ou moins ouvertes. Le livre se clôt sur ses quelques lignes, au fil desquelles la Charity devenue adulte reparle de la Charity enfant, et de cette rencontre improbable, qui, avec la découverte du dessin, devait modifier pour toujours le cours de son existence.

Peut-être était-il écrit quelque part que je resterais la petite fille aux souris ? Je repense souvent à elle, qui vivait au troisième étage avec Tabitha pour seule compagnie. Je la revois qui traverse la sombre salle à manger, escortée de deux petits fantômes. Et puis je repense à vous, Madame Petitpas, à vous qui avez sauvé cette enfant de la folie, parce que, avec vos yeux comme deux grains de café, vos moustaches effrontées et la chaleur de votre corps, vous étiez tout simplement la vie, la Vie.

Sur fond d’Angleterre victorienne, cette Angleterre qui commence à changer tout doucement, de manière imperceptible mais durable, Miss Charity raconte l’histoire romancée – et arrangée – de Beatrix Potter. On y croise des personnages célèbres tel que Georges Shaw ou Oscar Wilde (qui étaient d’ailleurs tout deux irlandais…) et on voit Charity devenir ce que Shaw s’amuse à nommer « la femme moderne », s’émanciper peu à peu, gagner sa vie et son indépendance, comme le fera une vingtaine d’années plus tard une certaine Virginia Woolf.
Si la présentation de la narration m’a tout d’abord déconcertée, puisqu’elle se présente comme une pièce de théâtre, ou bien comme les romans de la comtesse de Ségur, pour ceux qui connaissent, je reconnais que ce procédé colle parfaitement à l’histoire. Sans, les dialogues, les traits d’humour, toute la finesse qui émane du texte aurait été beaucoup moins visible, moins sensible, plus lourde et moins captivante. Miss Charity est agréable à lire à dix, quinze, vingt, vingt-cinq ou quarante ans. Les illustrations qui accompagnent le texte ajoutent au plaisir de la lecture, et certaines sont des reproductions quasi-exactes des personnages crées par Beatrix, je pense notamment à la souris de la page 16, qui est une des souris du livre Deux vilaines souris, le passage où elles font pleins de bêtises dans la maison de poupée. Comparez-le avec les aquarelles originales de Beatrix Potter, vous serez frappé par ces ressemblances ; les lapins sont aussi de très fidèles reproductions de Pierre Lapin, et il y en a sûrement d’autres, mais aucune ne m’a autant frappé que l’illustration déjà citée et pour cause, c’était un de mes livre de chevet quand j’étais une toute petite fille.

Sûrement mon plus beau coup de cœur jeunesse depuis La Voleuse de livres, le premier coup de cœur littéraire de 2009, et la première fois depuis La Croisée des Mondes – Le Miroir d’ambre que je suis émue aux larmes en finissant un livre.

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Livres d’enfants d’hier à aujourd’hui

Babar, Harry Potter et Compagnie – Livres d’enfants d’hier et d’aujourd’hui

Du 14 octobre 2008 au 11 avril 2009

BnF – Site François-Mitterrand
Quai François-Mauriac, Paris XIIIe
Grande Galerie

Entrée : 7 € / Tarif réduit : 5€


Au départ simple reformatage de livres destinés aux adultes, la littérature jeunesse s’est adaptée au fil des époques pour mieux s’adresser à son public, les enfants d’âge divers, mais aussi les adolescents et les touts-petits, de 0 à 3 ans.

Les livres les plus anciens présentés à l’exposition datent de la fin du XVIème siècle, recueils de fables, ouvrages bilingues (latin-français) et les parmi les plus récents, on trouve Harry Potter, mais aussi des livres pour adolescents, section hybride de la littérature enfantine, qui n’est apparue que beaucoup plus tardivement et propose des histoires touchant à tous les questionnements, les évolutions, les difficultés et les émois, notamment amoureux, que cette période amène.

Le parcours se décompose en trois parties, figurées par des couleurs et des traces d’animaux pour en suivre le cheminement :

1/ L’enfant et la découverte du livre
(bleu ; des pattes de loup)

2/ L’enfant, explorateur des univers du livre
(vert ; des sabots de sanglier)

3/ Petits adultes, grands enfants et écrans magiques
(orange ; des pattes de grenouille)

Au centre, se trouve une galerie de personnages célèbres de la littérature enfantine et leurs présentations : Alice au pays des merveilles, Rémi (Sans Famille), Babar, Martine…
Une introduction et des entretiens filmés et une frise chronologique complètent l’exposition.

En plus de la littérature enfantine « classique » j’ai trouvé appréciable de pouvoir découvrir des ouvrages destinés aux aveugles : livres jeunesse en braille, mais aussi livres d’images tactile, véritables ateliers d’éveil pour les sens. L’exposition est très intéressante, ses panoramas sont intéressants et les ouvrages présentés illustrent bien cette évolution des mentalités et de la place de l’enfant. C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé certains classiques ayant fait mon bonheur durant mes jeunes années, et que j’ai découvert des ouvrages « rares » destinés aux enfants : tirages limités ou encore, illustrations particulière, comme cet exemplaire des Malheurs de Sophie, illustré par Vieira da Silva. Offrant le livre à une petite fille de son entourage, elle colla ses propres illustrations par-dessus celles que le livre comportait.

Quelques bémols cependant : il n’y a pas de chaises devant les diaporamas, ce qui peut gêner certaines personnes, j’aurai également souhaité une certaine mise en valeurs de classique de la littérature jeunesse, pas forcément quelque chose de très pointu, mais une ou deux anecdotes intéressantes qui seraient susceptibles d’intéresser les petits et les grands. Enfin, si la mention de Babar dans le titre de l’exposition est justifiée, celle de Harry Potter est un peu abusée, car il n’y est fait que très brièvement mention, ca n’était pas grave en soi puisque je n’y allais pas pour ça, mais si des gens viennent dans cette optique ils pourraient être déçus.

Visiter l’exposition en ligne


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Spirit Lake – Sylvie Brien

Scripto – Gallimard ( 2008 )
ISBN : 978-2070614431

spirit_lakeRésumé ( présentation de l’éditeur ) :
Québec, 13 mai 1915, Dans l’infirmerie ou camp de détention de Spirit Lake. Peter Gaganoyitch agonise sur un lit de camp. Il n’a que quatorze ans. Comment en est-il arrivé là ? Trois mois plus tôt, il débarquait au Canada, avec Iwan, son frère, et sa grand-mère adorée fuyant la guerre et l’Autriche-Hongrie. Ils pensaient atteindre un nouveau paradis… Comment un jeune garçon, interné au milieu d’un no man’s land de glace, utilise miraculeusement ses qualités humaines, son imagination. Et comprend que le bonheur se choisit chaque matin, au saut du lit, comme un vêtement. Un magnifique roman, une magistrale leçon de vie.

Mon avis :
J’attendais beaucoup de ce roman, qui s’annonçait très prometteur, et j’ai été assez déçue. La narration est divisée en deux : d’une part le récit de ce qui se passe à l’infirmerie, ce que Peter vit au jour le jour, la sensation de la mort imminente. De l’autre, tout ce qui s’est passé avant : la déclaration de la guerre, l’arrivée au Canada et l’internement au camp de Spirit Lake. Je n’ai pas vraiment accroché avec les éléments fantastiques de l’histoire, qui s’intègrent maladroitement à l’histoire, trop brouillons. Je reconnais que le livre est bien écrit, mais le style de l’auteur ne m’a pas spécialement plu, question de goût, je n’ai pas aimé.

En revanche, ce livre a le mérite de présenter une facette méconnue de l’histoire du Canada : l’internement des immigrants d’origines austro-hongroise ou ukrainienne, considérés comme des ennemis par le Canada, qui est à ce moment là une colonie de l’Angleterre. Le camp de Spirit Lake a vraiment existé. « Il ouvrit ses portes le 13 janvier 1915 et compta jusqu’à mille trois cent douze prisonniers. […] Ce camp de travail ferma ses portes le 28 janvier 1917. On y dénombra officiellement vingt-deux décès. »

A lire aussi :

– Une critique de Spirit Lake par Francesca.
Un article sur le camp de Spirit Lake et l’Abitibi.

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