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Différentes traductions de Keats (Cette main vivante…)

Une banale conversation professionnelle m’a amené à constater que trouver plusieurs éditions d’une même œuvre avec des traducteurs différents peut s’avérer beaucoup plus difficile qu’on ne le supposait. Il est ici question de Keats tout simplement parce qu’il était le point central de notre discussion, d’une part, de l’autre, parce qu’il s’avère que je possède justement deux éditions différentes de ses poèmes.

Il existe un certain nombre de traductions différentes de Keats, comme c’est le cas pour bon nombres de poètes étrangers, quelques soit la langue et l’époque.
Les éditions du seuil ont réédité récemment, Seul dans la splendeur, un recueil de poèmes traduit par Robert Davreu et précedement paru chez Orphée La Différence.

Quelques autres traductions de Keats en français :

Sur l’aile du phénix, (traduit par Claude Dandréa) paru chez José Corti en 1996.

Les autres sont, à ma connaissance, épuisées :

Poèmes, (traduit par Robert Ellrodt) paru à l’Imprimerie Nationale en 2000
Poèmes choisis, (traduit par Albert Laffay) paru chez Aubier en 1997
Poèmes et poésies, (traduit par Paul Gallimard) paru chez Gallimard en 1996

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Je vous propose maintenant deux traductions du poème Cette main vivante, avec la version originale. J’essayerai, dans la mesure du possible, d’en trouver d’autres traductions issues des recueils précedemment cités.

This living hand, now warm and capable
Of earnest grasping, would, if it were cold
And in the icy silence of the tomb,
So haunt thy days and chilt thy dreaming nights
That thou would wish thine own heart dry of blood
So in my veins red life might stream again,
And thou be conscience-calm’d — see here it is —
I hold it towards you.

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Cette main vivante, à présent chaude et capable
D’ardentes étreintes, si elle était froide
Et plongée dans le silence glacée de la tombe,
Elle hanterait tes journées et refroidirait tes nuits rêveuses
Tant et tant que tu souhaiterais voir ton propre cœur s’assécher de son sang
Pour que dans mes veines coulent à nouveau le flot rouge de la vie,
Et que le calme revienne dans ta conscience —regarde, la voici, —
Je te la tend —

Traduction Paul Gallimard, Poésie / Gallimard, page 239

***

Cette main vivante, à présent, chaude et capable
D’une étreinte fervente, ne manquerait, serait-elle froide
Et dans le silence glacial de la tombe,
De hanter tant tes jours et transir les rêves de tes nuits,
Que tu souhaiterais ton coeur tari de sang
Pour qu’en mes veines à nouveau puisse la vie rouge affluer,
Et toi calmer ta conscience. Regarde, la voici,
Vers toi, vers toi je la tends.

Traduction Robert Davreu, Orphée La Différence, page 113

Lire un article de Maxime Durisotti sur Keats et la traduction de Robert Davreu

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