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L’affaire Charles Dexter Ward – H.P. Lovecraft

Résumé :
Le dénommé Charles Dexter Ward, interné dans une maison de santé près de Rhodes Island, a mystérieusement disparu. Avant son internement, le jeune homme était un étudiant qualifié de brillant. Féru d’histoire, d’archéologie et de généalogie, il avait entrepris certaines recherches au sujet de l’un de ses ancêtres, Joseph Curwen, jugé pour actes de sorcellerie à Salem, deux siècles plus tôt. Au fur et à mesure de ses recherches, son comportement se modifie. Son allure physique elle-même en vient à changer, le faisant de plus en plus ressembler à son aïeul.

Sa famille et le médecin de famille, le docteur Weller sont de plus en plus inquiets. Ce dernier décide alors de mener l’enquête et de découvrir quelles mystérieuses et terrifiantes découvertes Charles a pu faire.

Mon avis :
L’affaire Charles Dexter Ward est la première œuvre de Lovecraft que j’ai eu l’occasion de lire. J’avais toujours entendu parler de cet auteur sans jamais trouver le temps de m’y plonger, bien que de nombreuses personnes dans mon entourage me le conseillaient. Finalement, c’est un concours de circonstances particulier qui m’a décidé.

Le style est très classique, précis et foisonne de détails : noms de personnages, dates, lieux, ce qui ralentit par moment la narration. Cependant, ces détails permettent de dresser une carte mentale et une évolution précise des événements, comme il convient pendant une enquête.

Les multiples noms et références fictives peuvent également rebuter un lecteur qui n’a pas été prévenu ou qui n’est pas ou peu familiarisé avec l’univers lovecraftien. Toutefois, la tension qui monte crescendo et de manière inexorable, lentement mais sûrement, les personnages qui peu à peu laissent tomber leurs masques ou/et sombrent dans la folie mettent mal à l’aise presque malgré soi. C’est du Lovecraft, on a été prévenu, mais, rien n’y fait, on grince des dents. On ne ressent pas forcément de la peur (du moins ca n’a pas été mon cas) mais plutôt un malaise diffus et persistant. C’est là, à mon humble avis, tout l’art de Lovecraft : on a beau s’en défendre, s’y attendre, rien n’y fait. À l’instar de ses personnages, presque toujours prévenus que ce qu’ils entreprennent est une folie (mais dont ils ne peuvent se détacher), on n’échappe pas ou très difficilement à l’univers de ses récits qui nous capturent, malgré nous.