Le Livraire

Carnet de lecture

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Papa-Longues-Jambes – Jean Webster

Paru en 1915
Environ 170 pages (édition Folio Junior)

Résumé :
Au début du XXe siècle, aux États-Unis, Jerusha Abbott ne connaît, à dix-sept ans que les murs du Foyer John Grier où elle a toujours vécu. Un soir, Mrs Lipett, la directrice du foyer lui apprend qu’un donateur lui offre quatre années d’études supérieures, à deux conditions : elle doit lui écrire une lettre par mois, et elle ne doit jamais chercher à savoir qui il est. N’ayant aperçu de ce monsieur que son ombre, elle le surnomme affectueusement Papa-Longues-Jambes et lui écrit très souvent. Mais qui se cache derrière Papa-Longues-Jambes ? Et pourquoi a t-il voulu envoyer Jerusha à l’université ?

* * *

Dix ans d’attente pour ces quelques heures de lecture ! J’ai découvert Papa-Longues-Jambes en 6e, en lisant un Je Bouquine, la fameuse section « un roman en BD », qui présente les premiers chapitres d’œuvres majeures, tant pour la jeunesse que pour les plus vieux. (j’ai découvert Vipère au Poing de cette manière, ainsi que L’histoire d’Helen Keller). J’avais trouvé la trame tout à fait intéressante, et j’avais aussitôt eu envie de le lire, mais le CDI de mon collège ne l’avait pas. Une chose en entraîne une autre, à chaque fois que j’y pensais, je me disais « il faut absolument que je le lise », mais jamais quand j’étais à proximité d’une librairie ou d’une bibliothèque.

Et puis ca m’est revenu, brusquement. Un saut à la bibliothèque plus tard, une part de cheesecake dans une main, une tasse de thé à portée de l’autre, je me suis plongée dans ma lecture.
J’aurais dû le lire beaucoup plus tôt, il m’a vraiment enchanté. Le récit est simple, claire, bien écrit, le vocabulaire et les phrases sont riches sans être étouffantes et sans ralentir la lecture. Elles enrichissent la lecture en douceur. Le style épistolaire est superbement maîtrisé, amusant, léger mais non sans réflexion. Les thèmes abordés traversent les époques : les préoccupations, les joies et les soucis d’une jeune fille qui découvre le monde, bien que le personnage de Jerusha ait presque un siècle.
La fin est un peu attendue, mais la chute est très joliment ficelée, tout en finesse. Le personnage de Jerusha évolue avec les années, sa relation avec les autres et le contenu de ses lettres aussi. Bref, j’ai adoré. C’est à lire et à offrir, pour les jeunes filles comme pour les moins jeunes.

Il n’est pas sans m’évoquer Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott (que j’ai dans ma bibliothèque sous le titre Petites Bonnes Femmes, édition Rouge & Or de 1955)

La déclaration, l’histoire d’Anna – Gemma Malley

La déclaration, l’histoire d’Anna
Gemma Malley
Traduction : Nathalie Peronnay
Naïve, 2007
ISBN : 978-2-35021-122-0

Résumé :
Angleterre, 2140.

La maladie et la mort appartiennent au passé. Désormais, les adultes peuvent choisir de prendre un traitement leur garantissant la vie et la santé, à la condition sine qua none qu’ils renoncent à mettre à avoir des enfants, évitant ainsi de mettre au monde de nouvelles vies qui viendraient perturber le fragile équilibre acquis par l’humanité. Ceux qui naissent au monde dans l’illégalité sont nommés les Surplus. Dans certaines régions du monde, on les élimines. En Angleterre, ils sont enfermés au Foyer de Grange Hall où ils apprennent « Où-est-leur-place », à devenir de « Bon élément » et à travailler dur pour « expier la faute que leurs parents ont commis contre Mère Nature ».
Anna est une Surplus. Un jour, Grange Hall voit arriver un nouvel élément : Peter. Peter, qui sembles connaître Anna et ses parents. Mais Anna n’a plus de parents, ni de nom, elle est juste « Surplus Anna ». Et pourquoi Peter ne la laisse-t’il-pas tranquille et persiste à l’appeler « Anna Covey » ?

Mon avis :
Un roman très prenant, très agréable à lire. Il met en avant des problèmes très actuels comme la surpopulation, les problèmes des ressources énergétiques, la dégradation de l’environnement, le tout de façon simple mais crédible et en présentant les problèmes posés à la fois par ces dégradations et par les solutions que les humains ont trouvés pour y remédier. Les mécanismes de pensées des êtres humains sont également décrits de manière très juste et relativement subtiles, bien que certaines ficelles de l’intrigue soient un peu grossières et que certains points de la narration soient un peu passés sous silence à mon avis. Ça n’est pas LE chef-d’œuvre du siècle, mais c’est un livre intéressant et émouvant sans tomber dans le pathos non plus.