Le Livraire

Carnet de lecture

Le Renard – D.H. Lawrence

Editions Sillage
Traduit de l’anglais par Paul Jimenes
Titre original : The Fox
ISBN : 978-2-916266-56-5

Le renard - Lawrence Auparavant disponible chez Stock, cette nouvelle édition est l’œuvre de la petite maison Sillage, qui réédite (et éventuellement retraduit) des textes classiques épuisés.

David Herbert Lawrence, écrivain anglais né en 1885 et mort en 1930, a connu la notoriété et le scandale, notamment grâce – ou à cause – de son roman L’amant de Lady Chatterley (écrit en 1927), frappé par la censure et dont la version non expurgée ne parut dans les pays anglo-saxons que dans les années 60.

En Angleterre, au début du XXe siècle, deux jeunes femmes vivotent dans la ferme qu’elles ont rachetée quand l’arrivée d’un jeune soldat va tout bouleverser, provoquant une rivalité féroce et sans merci.

Banford et March – elles sont désignées pratiquement tout le temps par leurs noms de famille – sont deux jeunes femmes âgées d’une trentaine d’années. Elles vivent seules dans cette ferme où elles avaient projeté d’élever des animaux et de se consacrer à des occupations diverses et variées. Loin d’être une réussite, elles peinent à maintenir le semblant d’exploitation à flots. Ainsi, une entreprise en apparence aussi évidente qu’un élevage de poules est un échec, notamment en raison de la présence d’un renard.
Cette simple introduction résume subtilement le cadre, celui d’une nature qui, loin d’être bucolique, est menaçante et hostile pour Banford et March, dont les descriptions respectives ne font qu’accentuer cette impression de vulnérabilité, de proie. Elles sont dominées par leur environnement bien plus qu’elles ne le contrôlent.
Arrive Henry Grenfel, un jeune soldat venu retrouver son grand-père, à qui les jeunes femmes offrent l’hospitalité. C’est alors un parallèle évident, et clairement exprimé dans la narration, qui se dessine entre le renard voleur de poules et Henry, qui a jeté son dévolu sur March, décidant qu’elle sera sienne.

Toute la tension repose à la fois sur les contradictions de leurs volontés respectives et sur ce double niveau de représentation, à la fois humain et animal. Le désir est omniprésent, animal et menaçant, une lutte plus qu’un jeu, une pulsion ravageuse plus qu’une émotion intellectuelle. L’expression de l’érotisme est d’une troublante justesse, aux antipodes des descriptions banales comme on en rencontre communément. Il est d’autant plus présent qu’il est sous-jacent, quoique la métaphore filée du fusil soit une évidence criante, l’image de danger est ici bel et bien réelle. La traque finira cruellement causant d’irréparables dommages.

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