Le Livraire

Carnet de lecture

Archives de Tag: Tolkien

Des Fées et de la Féerie

Le domaine des contes de fées est vaste, profond, élevé et empli de bien des choses diverses : l’on y trouve toutes sortes d’animaux et d’oiseaux ; des mers sans rivages et des étoiles innombrables ; une beauté qui est en même temps un enchantement et un péril toujours présent ; ainsi que des joies et des peines aussi perçantes que des épées. Un homme peut se considérer comme fortuné d’avoir vagabondé dans ce royaume, mais la richesse et l’étrangeté de celui-ci lient la langue d’un voyageur qui voudrait les rapporter. Et tandis qu’il ne s’y trouve, il est dangereux pour lui de poser trop de questions de crainte que les portes ne se ferment et que les clés ne soient perdues.

J.R.T Tokien, Faërie, Christian Bourgois, 1996, page 9

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La chanson des Ents-femme [ Tolkien, Le Seigneur des Anneaux ]

L’ENT :
Lorsque le Printemps déroulera la feuille du hêtre et que la sève sera dans la branche,
Lorsque la lumière sera sur la rivière de la forêt sauvage et le vent sur le front ;
Lorsque le pas sera allongé, la respiration profonde et vif l’air de la montagne,
Reviens vers moi ! Reviens vers moi et dis que ma terre est belle !

L’ENT-FEMME :
Lorsque le Printemps sera venu sur le clos et les champs, et que le blé sera en herbe,
Lorsque la floraison, brillante neige, couvrira le verger ;
Lorsque l’averse et le Soleil sur la Terre de fragrance empliront l’air,
Je m’attarderai ici, et ne viendrai pas, car ma terre est belle.

L’ENT :
Lorsque l’Été s’étendra sur le monde, et que dans un midi d’or
Sous la voûte de feuilles endormies se dérouleront les rêves des arbres ;
Lorsque les salles de la forêt seront vertes et fraîches, et que le vent sera à l’ouest ;
Reviens vers moi ! Reviens vers moi et dis que ma terre est la meilleure !

L’ENT-FEMME :
Lorsque l’Été chauffera le fruit suspendu et de son ardeur brunira la baie ;
Lorsque la paille sera d’or et l’auricule blanche, et qu’à la ville arrivera la moisson ;
Lorsque le miel coulera et la pomme gonflera malgré le vent à l’ouest,
Je m’attarderai ici sous le Soleil, parce que ma terre est la meilleure.

L’ENT :
Lorsque viendra l’Hiver, l’Hiver sauvage qui tuera colline et forêt ;
Lorsque les arbres tomberont et que la nuit sans étoiles dévorera le jour sans soleil ;
Lorsque le vent sera à l’est mort, alors dans la cinglante pluie,
Je te chercherai et je t’appellerai ; je reviendrai vers toi !

L’ENT-FEMME :
Lorsque viendra l’Hiver et que les chants finiront ; lorsque les ténèbres tomberont enfin ;
Lorsque sera brisé le rameau stérile, et que seront passés la lumière et le labeur ;
Je te chercherai, et je t’attendrai, jusqu’à ce que nous nous rencontrions de nouveau ;
Ensemble nous prendrons la route sous la cinglante pluie !

L’ENT :
Ensembles nous prendrons la route qui mène jusqu’à l’Ouest,
Et au loin nous trouverons une terre où nos deux cœurs pourront avoir le repos.

J.R.R Tolkien, Le Seigneurs des Anneaux, Les deux tours, page 516, Christian Bourgois. Traduction Francis Ledoux

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J.R.R Tolkien, une biographie – Humphrey Carpenter

Christian Bourgois Editeur, 2002
Traduit de l’anglais par Pierre Alien
Edition revue et corrigée par Vincent Ferré

Résumé (présentation de l’éditeur) :
« Ce livre a pour support les lettres, le journal et d’autres documents laissés par le professeur J.R.R. Tolkien, ainsi que les souvenirs de sa famille et de ses amis.
Tolkien lui-même n’aimait guère l’idée d’une biographie. Cependant il se rendait certainement compte que la remarquable popularité de son œuvre rendait hautement probable la parution d’une biographie après sa mort, et il semble même qu’il s’y soit quelque peu préparé, car pendant les dernières années de sa vie il a joint des notes explicatives et divers commentaires à un certain nombre de vieilles lettres et de manuscrits. Il écrivit aussi quelques pages de souvenirs d’enfance, et on peut croire qu’il espérait que ce livre ne serait pas tout le contraire de ce qu’il aurait souhaité. »

Mon avis :
La seule biographie de Tolkien, à ma connaissance du moins. Elle apporte des éléments intéressants sur le parcours personnel et intellectuel de l’auteur du Seigneur des Anneaux. Des photos et des documents iconographique viennent enrichir le contenu. Ceci dit, si vous n’êtes pas passionnés par l’œuvre de J.R.R Tolkien ou par les langues celtiques, brittonniques et saxonnes, la lecture de cette biographie pourrait vous apparaître longue et fastidieuse.
Faisant partie des personnes fascinées, et par son œuvre, et par les mécanismes de création qui l’ont amené à écrire des textes comme Le Silmarillion, mais aussi par toutes sortes de langues anciennes, j’ai trouvé cette biographie particulièrement bien rédigée et intéressante. Le contraste entre la vie intellectuelle de Tolkien et sa vie matérielle est, au passage, assez étonnant. J’ai également apprécié d’en apprendre davantage sur les rapports que Tolkien entretenait avec sa famille, ou encore, l’importance que la religion (il était catholique) avait pour lui.

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Roverandom – Tolkien

Le conte Roverandom trouve sa source dans une anecdote toute simple, presque banale. Été 1925, la famille Tolkien est en vacances à Filey, dans le Yorkshire. Or, voici que son fils cadet, Michael âgé de cinq ans, oublie son chien miniature sur la plage. Malgré tous leurs efforts, ils ne retrouveront pas le jouet.

Pour le consoler, Tolkien invente un conte narrant les aventures du chien-jouet après que ce dernier ait été perdu.

Résumé :
Pour avoir été insolent envers un magicien, le jeune chien Rover est transformé en jouet miniature par l’acariâtre Artaxérès. Commence alors pour le jeune chien un long voyage qui le mènera sur la lune, et jusque sous les mers, de multiples métamorphoses et de nombreuses rencontres. Mais parviendra-t-il à rentrer chez lui ?

Mon avis :
C’est en premier lieu le titre du livre qui m’a intrigué. Roverandom ? Hein ? Cékoissa ? Donc, forcément, j’ai été regarder la quatrième de couverture. Proche de Bilbo le Hobbit, par le style de narration (très simple en apparence, riche de sens et de significations) et l’ambiance. Facile à lire (pas de grandes descriptions généalogiques, de listes de noms à retenir comme dans le Silmarillion), plus rapide à lire que Le Seigneur des Anneaux, Roverandom est un court récit d’une centaine de pages qui tient agréablement en haleine.

Petits et grands peuvent le lire. Les premiers seront sans doute ravis par les aventures du petit chien Rover, les plus grands également, sans compter les nombreux jeux de mots, références littéraires et mythologiques auxquelles Tolkien fait allusion (légende arthurienne, linguistique…). L’édition de Christian Bourgois présente de nombreuses notes explicatives facilitant la compréhension de certaines allusions, qui, à cause de la traduction ont tendances à être gommées. En outre, cette édition présente des illustrations que Tolkien avait lui même réalisées. Un livre amusant à lire et plaisant à découvrir.

Lu dans le cadre du Challenge ABC.
L’article du site Thamonodrim sur Roverandom.

Dictionnaires de langues elfiques

Pour tous les amoureux du Quenya et du Sindarin, les deux langues elfiques mises au point par Tolkien, signalons que le site Ambar Eldaron propose maintenant :

– Un dictionnaire Français-Sindarin / Sindarin-Français
– Un dictionnaire Francais-Quenya / Quenya-Français

Outre les dictionnaires, on trouve des cahiers d’exercices de Quenya (seul le volume 1 est paru pour le moment), une grammaire de Quenya, ainsi qu’un tableau des verbes.

Voir la page des dictionnaires

Dernière précision, on y trouve aussi des cours de Sindarin et de Quenya, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site, très complet et qui fourmille littéralement d’informations et de ressources !