Ne t’approche pas trop de tes rêves :
    Ce sont fumée qui peut se disperser -
    Ils sont dangereux et peuvent demeurer.

    As-tu regardé tes rêves dans les yeux :
    ils sont malades et ne comprennent rien -
    Ils n’ont que leurs propres pensées.

    Ne t’approche pas trop de tes rêves :
    Ce sont mensonges, ils devraient s’en aller -
    Ce sont folie qui veut rester.

tiré du livre : Poèmes complets, Edith Södergran, éd. Pierre Jean Oswald, trad. Régis Boyer, 1973
page 62

Années d’enfance
Jona Oberski
Gallimard, 1993
ISBN : 2-07-056882-2

Quatrième de couverture :
Il a six ans. Né en Hollande, fils de réfugié allemands, il est juif. En cette année 1943, nul pays d’Europe ne peut lui être une patrie ou un refuge, mais il ne le sait pas encore. Il ignore tout de la guerre, il sait à peine qu’elle bouleverse sa vie. Arrêté avec ses parents et déporté au camp de Westerbork, puis à Bergen-Belsen, il raconte avec ses mots innocents l’horreur quotidienne, les espoirs fous des déportés, bercés par leurs bourreaux de l’illusion d’un départ vers la Palestine, la mort lente de son père, les jeux cruels des enfants au milieu des charniers, l’agonie de sa mère qui bascule dans la folie après sa libération.
Sans révolte apparente - il accepte le camp comme la seule réalité qui lui soit offerte - il nous permet, à travers ses yeux d’enfant, de prendre la mesure de l’insupportable.

Pourquoi je n’ai pas accroché :
La narration est totalement décousue, plate et incompréhensible. Les premières pages sont cohérentes, puis on est très vite perdu entre les différents tableaux du récit. Est-ce un retour en arrière ? Une extrapolation ? Aborder le thème de la déportation de manière pure et enfantine, -puisque le récit est raconté à travers les yeux d’un enfant- est une excellente idée, mais en l’occurrence dans ce cas précis, l’absence total de repère spatial et temporel n’aide pas à entrer dans le texte. L’inclusion d’anecdotes, de souvenirs comme celui de l’arlequin égare encore un peu plus.

J’ai décroché très vite et n’ai pas dépassé la page 25 (le livre fait 150 pages). En feuilletant rapidement et en lisant en diagonal, j’ai remarqué que par la suite, le récit devenait plus fluide, plus compréhensible au fur et à mesure de l’enchaînement des événements. Je suppose qu’une fois dépassé l’écueil des cinquante premières pages, c’est un livre très émouvant et très intéressant, mais je n’ai pas eu envie de poursuivre ma lecture.

J’avais emprunté cet ouvrage en me rappelant un titre que j’avais lu durant mes années de collège et qui s’intitulait Voyage à Pitchipoï, de Jean-Claude Moscovici, mais à la différence de ce dernier, je n’ai pas accroché avec Années d’enfance.

Résume :
Tokyo, de nos jours. Elles sont quatre filles, fortes et indépendantes. Pourtant, sous la carapace des apparences, on découvre des fêlures, des problèmes, des sentiments complexes.
C’est Tôkô, dessinatrice reconnue, qui ne digère littéralement pas la trahison de son petit ami, qui se gave de nourriture qu’elle vomit ensuite. Elle vit en colocation avec une autre fille qu’elle méprise de plus en plus : Chihiro.
Chihiro elle, désire plus que tout trouver un petit ami, mais demande l’impossible à ce dernier, sans comprendre pourquoi les hommes fuient ensuite. Obligée de faire un travail ingrat pour subvenir à ses besoins, elle est jalouse de Tôkô, qu’elle voit comme une personne plus intéressante, avec une vie palpitante.
C’est Riko, jeune fille ordinaire qui ne souhaite qu’une seule chose : tomber amoureuse, vraiment amoureuse. Solitaire, elle rêve de trouver quelqu’un avec qui partager son quotidien.
Akiyo enfin, se prostitue pour pouvoir réunir de l’argent, s’acheter une maison et vivre tranquillement jusqu’à la fin de ses jours. Toutefois, elle est secrètement amoureuse de l’un de ses amis, le discret Kikuchi. Elle pour qui la séduction n’a aucun secret se trouve totalement désarmée face à ce garçon.

Mon avis :
Le dessin est très pur, simple. Le découpage de l’histoire est très particulier, se focalisant tour à tour sur le visage des protagonistes, puis sur un détail du décor, comme une pellicule de photo que l’on déroule.
Les textes accompagnent parfaitement les illustrations et est équilibré. Ni trop, ni trop peu. On comprend parfaitement le déroulement de l’action, les mots sont justes, les sentiments précis et pourtant émouvant. Pas de bla bla bla ni d’épanchements, mais pas non plus de silences excessifs. On plonge presque impitoyablement dans les pensées de Tôkô, Chihiro, Akiyo et Riko. Enfin, le nombre de page est adapté à l’histoire, on ne traîne pas, mais on n’est pas non plus catapulté vers le dénouement.
Un manga intéressant dont la légèreté n’est qu’apparente et qui met à jours les difficultés et la complexité des sentiments.

Présentation de l’éditeur :
Pour les familiers qui fréquentent le lieu clos et magique de son épicerie, Tilo est maîtresse dans l’art ancestral des épices. Elle a reçu ce savoir de ” Première Mère ” sur une île secrète de sa terre natale, l’Inde, au prix de l’obéissance à des règles strictes et dans le respect du service et de la dévotion : elle possède le don de faire chanter les épices, mais aussi de guérir comme une véritable thérapeute. C’est ainsi que, dans ce quartier d’immigrés d’Oakland en Californie, elle se penche humblement, secrètement, sur les malheurs de ses clients. Elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l’épice-racine, clef intime qui restaure l’équilibre du corps et de l’âme. Mais Tilo, au cœur généreux et plein de compassion, violera un à un les interdits, dont celui de l’amour, au risque de remettre en cause ses pouvoirs.

Mon avis :
Ma première incursion dans le domaine de la littérature indienne, mais sans doute pas la dernière. Une amie m’avait parlé de ce livre de façon élogieuse, et me l’avait prêté. Comme toujours dans ces cas là, je jette au moins un coup d’oeil, et me lance dans la lecture des premières pages. Tout les livres que l’on prête ne me plaisent pas, mais au moins, j’essaye.
Des les premières pages, c’est un enchantement. Le récit commence par la description du curcuma, son histoire, ses propriétés. Mais pas à la manière d’une fiche scientifique, d’une encyclopédie. Non. Imaginez une cours intérieure inondée de soleil, et votre grand-mère en train de vous transmettre des secrets de femmes. Imaginez un moment de complicité avec une personne qui vous est chère, ou un chant remontant à la nuit des temps.

On est pris dans le récit, suspendu aux lèvres de Tilottama, maîtresse des épices, et pourtant, malgré sa sagesse et ses connaissances, on sent par moment les fêlures et les souffrances de cette femme. La compassion qu’elle prodigue à ceux qui viennent la voir est parfois à double tranchant et sous les phrases, on devine un chemin douloureux, long et solitaire. Puis ce personnage dont on ignore le nom, il est juste nommé l’Américain, s’invite dans le réçit, semant le doute dans l’esprit de Tilo. On se met à redouter sa chute, et à percevoir avec elle la complexité des sentiments, des situations et des choses.
Seul bémol à mes yeux, la fin, dont je ne dirais absolument rien pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture à ceux qui souhaiterait le lire.

Un débat-conférence organisé par Bibliomédias, avec le soutien de l’Association des Bibliothécaires de France et du Bulletin des bibliothèques de France en présence de M. Patrick Bloche, député de Paris, aura lieu le 15 mai 2008 à Paris sur le thème “Accès aux produits culturels numériques en bibliothèque: économie, enjeux et perspectives”.
Il s’agit d’une rencontre entre les bibliothécaires, les élus et les acteurs économiques de la production culturelle numérique pour dresser un état des lieux politique, économique et juridique de l’offre de produits culturels numériques dans les bibliothèques.

Bulletin d’inscription
Source : Tour de Toile

Le mannois, parfois appelé le manx, est une langue celtique de la branche des langues gaéliques. Comme son nom l’indique, elle est parlée sur l’île de Man.

Proche du gaélique écossais, cette langue présente une construction particulière qui la différencie des autres langues de types celtes.

Pour autant, la prononciation et l’orthographe sont, de mon point de vue, beaucoup plus simple que dans d’autres langues, comme le gallois par exemple.

Pour ceux qui ont envie de d’apprendre à lire et à prononcer quelques mots dans cette langue originale, le site Ynsee Gaelg (Learn Manx) propose des leçons classées par difficulté (débutants, intermédiaires, avancés), des enregistrements pour la prononciation des mots, et des mots-croisés pour débutants.

Les plus avancés trouveront des histoires à lire.

Un site amusant pour aller à la rencontre d’une langue méconnue.
Pour en savoir plus sur l’île de man.(l’image à été prise sur ce site)

Au contraire de l’incipit, qui constitue les premiers paragraphes d’un ouvrage, l’excipit est formé des derniers paragraphe d’un récit, le clôturant. Il peut y avoir plusieurs sortes d’excipit, chacun d’entre eux donnant une tonalité différente à la conclusion.

- l’excipit peut avoir une valeur morale ou philosophie, incitant à la réflexion ou à la méditation, comme c’est le cas par exemple, de certaines fables de La Fontaine.

- Il peut apporter des informations capitales et dénouer l’intrigue (conclusion d’une enquête par exemple), ou apporter une ultime tension, par exemple avec la mort d’un personnage.

- Enfin, il peut aussi ne rien révéler du tout et laisser le lecteur réfléchir lui-même à la conclusion qui lui semble plausible. Ce procédé est assez employé de nos jours, notamment dans le domaine du fantastique ou de l’horreur, Stephen King étant un spécialiste de ce genre d’excipit.

Un test de culture littéraire : il s’agit de rendre à chaque oeuvre son excipit !

Résumé (présentation de l’éditeur ) :

Chuck Klosterman est obsédé par les amoureuses parfaites qui, bien évidemment, n’existent pas ; par la tête de troll de Tom Cruise et celle de chien battu de John Cusack… Et quand enfin il oublie ces séducteurs, il établit un parallèle entre le jeu des Sims et les paroles de David Byrne, ou encore soliloque sur L’Empire contre-attaque, le seul film qui ” définisse l’esthétique sociale d’une génération à venir “. Toujours incisif, hilarant et décalé, Chuck Klosterman, perpétuelle victime de la pop-culture pourtant jamais dupe, continue, après Je, la mort et le rock’n'roll, à disséquer sa vie, comme si elle était un épisode du Real World.

Pourquoi je n’ai pas accroché :

La quatrième de couverture était séduisante et les pages que j’avais parcourues rapidement avant de l’emprunter me semblaient amusantes, pleines d’esprit et de références sur lesquelles appuyer une narration aux références modernes et pourtant largement applicable. Las, ce n’est qu’une suite de références décousues qui s’accumulent, un annuaire à peine détaillé, superficiel. La trame du roman ( ?) n’était pas réellement novatrice en soi, mais avec un peu plus de substances, ca aurait pu fonctionner.

J’ai finalement abandonné la lecture au bout d’une centaine de pages, après avoir rapidement parcouru la suite, afin d’être certaine qu’il ne s’agissait pas simplement d’une entrée en matière un peu longue. Non.

Soulignons néanmoins la présence d’une couverture sympathique et attrayante et une mise en page agréable à l’oeil.

Le blog des Cahiers Lituaniens, destinés à mieux faire connaître la culture lituanienne est une mine d’information. Culture, art, actualité, musique… des articles bien écrits et agréables à lire pour aller à la rencontre de ce pays aux charmes encore trop méconnus.

Art et Culture de Lituanie

Les Cahiers Lituaniens visent à mieux faire connaître l’histoire, la culture, la langue et la littérature de la Lituanie au public francophone. Ils sont publiés chaque automne avec le soutien de la Fondation Robert Schuman. (source)

(photo personnelle, prise à la Colline aux Croix de Siaulai, 2004, ne pas reproduire, merci)

    Traduit par Karine Chesneau
    Picquier Poche
    ISBN-13: 978-2877304757

Résumé (quatrième de couverture)
Dans ce roman du désordre amoureux, Yôko, la narratrice, a dix-neuf ans, et ses relations passionnées avec les femmes ressemblent aux mangas qu’elle dessine dans des revues underground. Le coeur y est à vif et les corps s’y ouvrent avec douceur, excès et cruauté. Le récit découpe trois moments dans la vie de Yôko, trois expériences érotiques et amoureuses troublantes où l’autre la révèle à elle-même. Matsuura, dans un style minutieux et cru, décrit des femmes qui s’observent, se désirent, luttent entre elles, convergent vers une union et une identité ardemment recherchées.

Mon avis : Un livre étrange au récit curieusement désincarné. D’un côté les descriptions crues des jeux amoureux, de l’autre l’état d’esprit et les sentiments de la narratrice, Yôko, un rien masochiste. Les deux semblent totalement séparés et ne se rejoignent jamais, se contentant de se croiser, de se suivre, de se frôler.
Le livre est découpé en trois grands tableaux, trois grands fragments de vie qui correspondent chacun à une histoire d’amour. Yukiko, hôtesse l’air, Hanayo qui est dessinatrice de manga, et Yuriko. Assez curieux et déroutant à lire, la tension et la violence des scènes sexuelles ne fait qu’augmenter le côté désemparé de Yôko, et le sentiment de vacuité que l’on ressent devant ce luxe de détails salaces. Je ne saurais pas dire si j’ai aimé ou pas, il ressort simplement de cette lecture un sentiment de tristesse et de vérité devant toutes ces questions, ces difficultés. Plus qu’un roman érotique, j’aurai tendance à dire que c’est un roman qui sert de l’érotisme pour mieux montrer l’absurdité de nos existences, de notre époque.

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