Le Livraire

Carnet de lecture

Le Livre de Rachel – Esther David

Traduit de l’anglais (Inde) par Sonja Terangle
ISBN : 978-2350870656

esther_davidRésumé (quatrième de couverture) : À Danda, près de Bombay, Rachel est la dernière représentante de la communauté juive. Son mari s’est éteint et ses enfants ont émigré en Israël. La vie de Rachel s’organise alors entre le temple, qui n’abrite plus ni rabbin ni office, et la cuisine.

La synagogue, où elle s’est mariée et qu’elle entretient avec ferveur. Les fourneaux, où, pour ses hôtes, elle perpétue les traditions culinaires et fait resurgir les saveurs du passé – poulet kesari, patates tilkout, curry casher.

Quand des promoteurs s’intéressent d’un peu trop près à la synagogue, Rachel, utopiste au cœur pur, s’interpose pour protéger l’emblème de sa foi, le lien vivant d’avec ses ancêtres. Ses plats, au parfum enivrant de cannelle, cumin ou curcuma, qui ouvrent l’appétit et délient les esprits, seront des armes inattendues contre la spéculation immobilière.

Esther David est né en 1945 sein de la communauté juive d’Ahmedabad, sur la côte nord-ouest de l’Inde. Peintre et sculpteur, historienne de l’art, elle dispense une éducation alternative dans les bidonvilles. Son premier roman, La Ville en ses murs (1998) lui a valu de figurer sur la liste du prix Femina.

Mon avis :
Le livre de Rachel s’inscrit dans la lignée de La maîtresse des épices de Divakaruni, bien que ces deux livres soient, au final, très différents l’un de l’autre. Contrairement au premier qui mêle réalité et éléments fantastiques, Le livre de Rachel est bel et bien ancré dans le quotidien : celui d’une femme âgée qui vit seule et dont la solitude est habitée de rituels quotidiens. Cuisine, visites à la synagogue. Présentée au départ comme une femme qui n’a pas l’habitude de prendre soin d’elle-même, et qui s’est trouvée désemparée à la mort de son mari, le personnage s’affranchi progressivement au fur et à mesure de l’histoire, en apparence du moins, car le lecteur s’en rend vite compte, Rachel n’est pas une femme effacée. Sagace et affirmée, elle se pose comme une femme de tête, à la fois pour mener ses affaires, comme le montrera son acharnement à défendre sa chère synagogue, avec l’aide de Judah, l’ami de son fils, mais aussi dans sa connaissance du coeur et de la complexité des relations humaines.
Véritable magicienne quand il s’agit de cuisiner pour partager avec autrui autour d’un repas, elle se plonge cœur et âme dans ses recettes, chacune choisie avec soin en fonction de la situation. Pouranpoli pour l’amour et le bonheur ou encore les fameux bombils dont est si friande la femme du promoteur…
Magie des sens et des épices, figure archétypale de la sorcière (dans le sens femme de pouvoir et non au sens réducteur et destructeur du terme) comme La maîtresse des épices, Le livre de Rachel met l’eau à la bouche du lecteur en même temps qu’il revigore l’âme. Rien de très complexe dans la narration, rien d’alambiqué, simplement des souvenirs et la volonté d’une femme, une histoire d’amour et une fin très bollywoodienne, le tout habillé d’une couverture aux teintes chaudes et sensuelles.  D’un point de vue intellectuel, j’ignorais totalement qu’il y avait une communauté juive en Inde, ce que ce roman m’a permis de découvrir. Les nombreuses notes et le glossaire situé à la fin forme un récapitulatif intéressant, à la fois en ce qui concerne la cuisine et la religion juive. Petit bonus très particulier et très appréciable : chaque chapitre s’ouvre par une recette de cuisine (qui a bien entendu un rôle particulier dans le chapitre en question) alléchante et parfaitement réalisable -pour peu qu’on ait les ingrédients sous la main ou une épicerie indienne pas trop loin de chez soi. J’ai personnellement testé quelques recettes et je me suis régalée. Si vous avez besoin d’un livre réconfortant, prenant et tout de même pourvu de qualités littéraires et intellectuelles, Le livre de Rachel est juste ce qu’il vous faut, un peu de baume épicé pour affronter la fin de l’hiver.

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Une réponse à “Le Livre de Rachel – Esther David

  1. Carotte samedi 28 février 2009 à 20:18

    Une chronique qui me donne l’eau à la bouche dans les deux sens.

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